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LoRaGate – La réalisation – partie 3

Pour bien comprendre et suivre cet article, je vous recommande de bien lire les étapes précédentes, l’étude et la conception.

Dans cette partie, on va s’attarder sur la réalisation. Cette étape comprend le design de la schématique et la production de l’objet.

 

Le design de la LoRaGate

Comme nous l’avons vu dans le précédent article, il faut tout d’abord délimiter la carte en fonction de nos besoins (dans notre cas, il faut que ça rentre dans un boitier spécifique). Une fois effectué, il faut désormais placer les composants.

Le placement des composants

Dans notre cas, il faut prendre en compte que le carte électronique a 2 faces. On déterminera le haut (top) en rouge et le bas (bottom) en bleu.

Ensuite, il faut commencer par placer les composants qui ne peuvent pas être déplacés car soumis à contrainte(s).

Par exemple, le connecteur USB doit être placé en bord de carte à l’emplacement prévu par le boitier.

Loragate_placement_usb

Pour l’antenne (ou connecteur SMA dans notre cas), on la place à l’endroit le plus éloigné du reste. En général, elle est placée en bout de carte.

loragate_SMA_place

Dans notre objet, la partie radio est très importante. Il faut que le design à ce niveau soit le plus irréprochable possible. Bien évidemment, Il y a quelques règles à suivre pour que cela se passe bien : comme isoler un maximum la partie radio des autres composants actifs.

Pour répondre à cette contrainte, on va donc placer le module radio au plus près du connecteur SMA. Cependant, il n’est pas recommandé de faire une piste avec des virages trop serrés (une piste avec des coudes à 90° vibre beaucoup moins bien). Alors il faut éloigner le module de façon à ce que l’on puisse faire une belle courbe toute douce 🙂

LoRagate_module_radio_place

(Les deux flèches oranges représentent les deux points à relier)

Une fois le module placé, il faut créer « l’étage radio ». En effet, avant le routage des composants, je pense qu’il convient de créer le lien entre le module radio et le connecteur rapidement. En effet, il faut éviter de placer des composants à proximité. Le fait de placer le circuit permet de ne pas l’oublier et de ne pas faire de bêtises.

Bien entendu, on applique le réseau adaptatif pour la suite.

Loragate_route_antenna

Réseau adaptatif + routage radio

Loragate_route_antenna_global

Vision d’ensemble

Voilà une bonne chose de faite.

Il ne reste plus qu’à placer les autres composants qui ont moins de contraintes. Cette fois-ci, ça se passe sur la face haut (top).

LoRagate_driver_usb

Driver USB à base de FTDI (FT232RL)

Loragate_Ensemble_driver-radio

Schéma général

Pour cette partie, la seule chose contraignante est qu’il faut bien placer les condensateurs de découplage au plus près du VCC ou du signal.

Le routage

Pour le routage, je procède de la façon suivante :

  1. Je route les pistes qui ne doivent pas être traversée, en général les condensateurs pour le découplage.
  2. Ensuite, je route manuellement les alimentations sensibles (pas le cas ici)
  3. J’applique un routage automatique
  4. J’ajuste. Par exemple, il peut arriver de ne pas placer de manière optimiser un composant et du coup la route prend un chemin non optimisé.

Après un routage automatique, il faut toujours vérifier (avec un œil humain) car l’homme reste supérieur (encore) à la machine.

Loragate_routage_auto

Pour des raisons de performances et de stabilité, il est aussi recommandé de soigner le plan de masse. Quand il y a 2 couches et de la radio (comme dans notre cas), il est possible que les signaux et l’alimentation parcourant le PCB perturbent l’étage radio et dégrade l’émission/réception.

La première chose à faire est de stabiliser (éviter en quelques sortes les « vibrations électromagnétiques »). Pour cela, il convient de créer un plan de masse et de relier, de manière régulière, la masse des deux faces (TOP et BOTTOM)

Loragate_Plan_de_masse

Ensuite, je fais des « passerelles » entre les deux faces à l’aide de vias pour relier les plans de masses des 2 faces.

LoRagate_plan_de_masse_vias

Enfin, je protège l’étage radio en faisant une barrière de vias tout le long. Normalement, il y a des règles de calculs qui permettent de connaître la distance entre les vias en fonction de la fréquence radio mais je vous avoue que dans la pratique, je serre les vias le plus possible.

LoRagate_Plan_de_masse_radio

La production de la LoRaGate

Une fois le plan de masse terminé, il faut, bien entendu, faire des revues pour bien vérifier que tout est ok. Vous pouvez appliquer les outils de eagle (Design Rules Control DRC et Electrical Rule Control ERC)

Quand on est sur de soi (c’est dure), on peut alors passer à la production de la carte.

Alors, on pourrait lancer, tel quel, la production de la carte mais quand on sait comment fonctionnent les fabricants de PCB, on s’aperçoit rapidement que l’on peut optimiser largement les coûts de production.

En effet, tous appliquent les tarifs en fonction du nombre de plaques et chaque plaque peut faire (en général) 10cm x 10cm. Du coup, si on produit la carte (qui fait 4.26 x 2 cm), c’est dommage car on perd la possibilité d’avoir plus de produits au même prix.

Donc pour remédier à ce problème, il faut faire ce que l’on appelle de la « panélisation » !

La panélisation

Pour appliquer la panélisation à vos circuits imprimés, il existe des outils sur Eagle CAD. Ce dernier met à disposition des scripts ULP qui permettent d’automatiser la duplication de votre circuit dans votre panel.

Pour « panéliser » mes productions, j’utilise 2 scripts :

qui va me permettre de nommer les composants répétés sur le panel avec le même nom.

En effet, quand vous dupliquez les composants sur un même panel, les noms s’incrémentent. Par exemple : C1 va devenir C2 sur la duplication d’à côté puis C3, C4 etc … en fonction du nombre de produits sur un panel. Et ça, les constructeurs n’aiment pas ça car le BOM ne correspond plus à rien.

LoRaGate_panelize_ulp

Grâce à ce script, on va rajouter un « layer » _tNames (jaune) et _bNames(mauve) qui permettront de faire correspondre le même composant sur tous les produits des panels

Il va dupliquer les produits sur votre panel en fonction de la dimension du panel.

Il va ajouter entre chaque produit des lignes V-score afin de pouvoir indiquer au fabriquant de rendre « sécable » chaque produit.

LoRagate_Capture_panel_final

Bon, comme ce sont des scripts pour des fabricants particuliers, je dois faire quelques modifications.

  • Effacer toutes les layers « dimension » et en refaire une seule
  • Changer le layer v-score (milling) pour le layer « dimension ».

LoRaGate_Capture_panel_final_2

Une fois effectué et après avoir vérifié que tout est ok, il suffit, enfin, de générer les fichiers GERBERs de notre projet. Ces fichiers sont adaptés pour les machines de production qui vont permettre de construire les cartes électroniques.

Envoie en production

Il faut alors aller dans « CAM processor » de EAGLE CAD et d’ouvrir un « job » permettant de générer les fichiers. Pour ma part, j’utilise un fichier cam que j’ai récupéré chez le fournisseur « Seeed ».

Les fichiers générés fonctionnent chez Seeed (bien sûr), mais aussi pour JLCPCB et OceanSmile que j’ai pu déjà tester. J’imagine donc qu’ils pourront aussi fonctionner chez d’autres fabricants.

Enfin, une fois que les fichiers sont générés, vous pouvez zipper et envoyer en production chez votre fabricant préféré.

Pour ma part, à ce stade je ne fais pas produire avec l’assemblage des composants. Je préfère commander les composants séparément et faire le montage moi-même. Cela évite de perdre trop d’argent s’il y a une erreur.

Voici le résultat une fois réceptionnée:

LoRaGate_panelisation_produit_final

Panel reçu

LoRagate_sans_boitier

LoRaGate montée

LoRagate_avec_boitier

LoRaGate avec boitier

Conclusion

J’espère que cette trilogie vous a plu et/ou qu’elle vous a appris quelques astuces pour concevoir son propre projet électronique.

Bon, entre le temps de la rédaction de l’article et celui de la publication, il y a eu quelques modifications sur le projet mais le principe d’étude / réalisation et de production reste inchangé.

Pour la prochaine étape, il faut faire l’adaptation de l’étage radio mais je ne sais pas si j’en ferai un article.

Ce produit sera bientôt disponible sur la boutique vous permettant de rendre votre box ou ordinateur compatible LoRaWAN.

EDIT : Le Modem LoRaGate est désormais disponible sur la boutique

Tutoriel Jeedom plugin SMS – LiXee GSMS-DIN

Suite à mon article sur le modem GSM pour envoyer/recevoir des SMS et contrôler sa maison secondaire, j’ai décidé de concevoir le modem GSM-DIN que vous pouvez retrouver sur la boutique.

Voici la procédure à suivre pour le mettre en activité sous Jeedom.

 

Installation du matériel.

Voici les éléments fournis.

LiXee-GSM-DIN

Branchez le câble USB au modem et installez le sur son rail DIN.

LiXee-GSM-DIN_Branchement

Branchez la prise USB sur votre Jeedom et insérez la carte SIM en suivant les instructions sur l’étiquette.

LiXee-GSM-DIN_Insertion_SIM

Maintenant que le matériel est installé, passons à la partie logiciel.

Installation du plugin SMS

Il est nécessaire d’aller sur le Market Jeedom à la recherche du plug-in officiel SMS.

jeedom_market

Dans la plus grande tradition Jeedom, il suffit d’installer le plug-in en suivant les photos suivantes :

jeedom_market2jeedom_market_sms

Je vous propose de sélectionner la version stable qui fonctionne très bien.

jeedom_market_sms2

Il vous suffit de répondre par OK.

Dans un premier temps, il va être nécessaire d’activer le plugin et d’installer les dépendances. Il est important que le statut passe au vert avant d’essayer de démarrer et de configurer le plug-in plus avant.

jeedom_sms_config

Une fois les dépendances installées.

jeedom_sms_dependance
Il faut choisir le port sur lequel le MoDem USB est connecté.

jeedom_sms_configuration

Il devrait apparaître sous le nom de LiXee-GSM. (Pour la démonstration, c’est ZiGate)

Ensuite, vous pouvez choisir la vitesse de communication et je vous préconise d’être à 9600 bauds si vous laisser tourner votre système 24 heures sur 24.

jeedom_sms_demon

 

Vous avez aussi la possibilité de renseigner le code PIN associé à votre carte Sim.

Il y a aussi la valeur cycle qui est intéressante, positionnée à 30s par défaut. Vous pouvez la changer mais ne descendez pas trop bas car en fait c’est la fréquence d’interrogation du MoDem. Si vous descendez trop bas vous risquez d’avoir des petits soucis.

Dans mon cas, j’utilise une valeur de trois secondes ce qui est extrêmement bas mais le système semble se comporter correctement.

Maintenant que le plug-in est configuré vous pouvez démarrer le démon et son statut doit passer au vert.

Si ce n’est pas le cas choisissez le niveau de Log à « debug », sauvegardez, puis relancez le démon pour regarder ce qui se passe dans le fichier log SMS.

Ensuite il va falloir créer un équipement qui va représenter votre modem GSM.

Donc pour cela, il vous suffira d’appuyer sur le +.

jeedom_sms_add

De lui donner un nom.

jeedom_sms_name

L’activer et de le rendre visible.

jeedom_sms_equipement

Ainsi que de l’attacher à un objet parent pour qu’il soit visible dans le Dashboard.

Une fois fait, il va falloir ajouter le numéro de téléphone des correspondants qui vont recevoir les SMS envoyés par Jeedom.

jeedom_sms_save jeedom_sms_telSauvegardez et allez dans le Dashboard pour trouver l’objet permettant d’envoyer les messages.

jeedom_sms_system

Remarque :
Le démon qui tourne derrière le plug-in est assez sensible à des plantages venant de la communication avec le MoDem surtout si celui-ci tourne 24 heures sur 24, 30 jours par mois etc.

Afin de détecter deux cas de plantage et permettre de redémarrer le démon, je vous propose un scénario qui va monitorer les logs et détecter les anomalies.

Scénario de secours

jeedom_service_restart

Il est nécessaire d’avoir le démon qui tourne en mode « debug ».

jeedom_service_log_surveillance

Voici le script avec le code que vous pouvez mettre dans votre scénario.

jeedom_scenario_script

Vous pouvez le faire tourner toutes les minutes ou modifier le cron en fonction de vos besoins.

jeedom_scenarion_config

Avec mon système de clé GSM par le passé, j’avais plusieurs plantages par jour.

Avec ce nouveau MoDem je n’ai plus que deux plantages par mois qui sont gérés par le scénario. La solution est donc devenue extrêmement robuste et je ne m’en occupe plus.
Avant, c’était un réel souci de savoir si le système de SMS fonctionnait et la plupart du temps demandait une intervention manuelle.

Conclusion

Voici donc un petit tutoriel rapide vous permettant d’utiliser le modem GSM SIM800L avec Jeedom et son plugin SMS.

Je remercie @KiWiHC16 pour ce tutoriel et son retour d’expérience. Je trouve cela très intéressant et enrichissant.

D’ailleurs si cela vous plait et que vous souhaitez vous aussi partager votre expérience, n’hésitez pas à me contacter et si ce genre de format vous plait (ou pas :)), n’hésitez pas à le mettre en commentaire.

A bientôt !

LoRaGate – La conception – partie 2

Si vous tombez sur cet article sans avoir lu la 1ère partie, vous allez être peut-être perdu, alors commencez par le commencement en lisant depuis le début.

Dans cette partie, nous allons rentrer dans le vif du sujet. La conception du produit.

Je vais tenter de vous expliquer comment faire une schématique, avec quel outil et quels sont les recommandations à suivre.

 

La schématique

Alors, faire des schémas, c’est sympa mais ça a surtout une grosse utilité. Grâce à la schématique, on va mettre à plat les composants que l’on va utiliser ainsi que leurs liens (les pistes) pour communiquer entre eux.

Il existe, bien entendu, différents outils pour élaborer une schématique mais, personnellement, j’ai choisi d’utiliser Eagle CAD car il répond à mes attentes.

Utilisation de Eagle CAD

La version que j’utilise est une version limitée et gratuite mais ce qui est inclus est suffisant:

  • Utilisation de 2 couches max (TOP et BOTTOM)
  • Aire de 80cm² max de surface de travail

Pour le moment, ces limitations ne m’ont jamais bloqué mais peut-être qu’à terme, ça sera le cas. Il faudra compter 300€ / an si je souhaite évoluer.

Bon, je ne suis pas naïf et leur stratégie est assez limpide. Dans un laps de temps inconnu, Ils risquent de limiter les fonctionnalités (comme Fusion360) et je serai obligé de franchir le pas ou changer d’outil.

Je vous passe bien évidemment les étapes d’installation et de création de projet. Je vous conseille de suivre les tutoriels. Il en existe quelques un sur la toile mais celui de Sparkfun est plutôt bien fait et très complet.

1ère étape

Bon je vous passe l’installation du logiciel, la création du projet et la création de la schématique, ça n’a pas d’intérêt ici… Partons du principe que votre feuille est ouverte et que vous êtes prêt à travailler.

Dans un premier temps, il faut déposer sur votre feuille tous les composants dont vous aurez besoin.

Pour cela, il faut cliquer sur l’icône de la barre d’outil suivant :

Outil eagle CAD

Alors c’est là que cela devient intéressant… pour avoir accès aux composants, il faut importer des librairies. Par défaut, il existe quelques composants mais vous serez rapidement limités.

Les librairies

Heureusement, la communauté de Eagle CAD est assez importante et il existe énormément de librairies assez complètes. Je vais vous en recommander quelques unes. D’ailleurs, les meilleures librairies sont souvent élaborées par les vendeurs ou concepteurs d’électronique. En effet, en vous facilitant la tâche, cela vous permettra de passer par eux pour l’achat des composants ou la conception de vos cartes électroniques.

Voici les librairies que j’utilise le plus :

Une fois téléchargé, il vous suffit de déposer tous les *.lbr dans le répertoire : « c:/<chemin_install_eagle>/lbr/ »

Ensuite, il faut charger les librairies dans le menu « Library » –> « Manage libraries » –> onglet « Available » –> « Browse » –> Sélectionner les librairies et cliquez sur « Use »

Une fois seulement après, elles apparaîtront dans votre bibliothèque.

Conception d’une librairie

La plupart du temps, on trouve, en cherchant sur Internet (il suffit souvent de taper dans google, le nom du composant et le mot clef lbr), la librairie du composant que l’on cherche mais il arrive que ce ne soit pas le cas (souvent parce qu’il n’est pas trop répandu/utilisé).

Et dans notre cas, c’est le module LoRa que je n’ai pas trouvé… Du coup, hé bien, on perd un peu de temps pour se le faire soi même.

Comme souvent, on ne part pas de zéro, et on vient exploiter une librairie qui existe déjà. Pour se faire, il est préférable de partir d’une librairie existante ayant le même boitier que votre composant. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible aussi.

Eagle CAD offre la possibilité de concevoir sa propre librairie. Voici à quoi cela ressemble

eagle_lbr_new

L’outil est divisé en 3 parties :

  • Device : C’est la fenêtre qui permettra d’avoir le visuel complet du composant
  • Package : Permet de concevoir le design du composant (les empreintes)
  • Symbol : C’est simplement la schématique du composant avec les fonctions de chaque PIN

En général, je commence par concevoir avec les bonnes côtes le design du composant :

eagle_lbr_package

Ensuite, je m’occupe de faire la schématique et « désigner » les fonctions de chaque PIN.

eagle_lbr_symbol

Bien entendu, tout cela ne se fait pas au hasard. Il est indispensable de suivre la datasheet du composant.

Enfin on associe les fonctions aux PINs physiques :

eagle_lbr_device

Une fois terminé, vous pouvez sauvegarder votre librairie et refaire les étapes d’importation (voir plus haut) dans votre Eagle CAD.

Voici la librairie pour ceux qui veulent utiliser le module. E78-868LN22S

Dépôt des composants

Voilà, vous avez listé tous les composants et ils sont tous disponibles dans votre bibliothèque. Il ne reste plus qu’à les déposer dans votre feuille comme suit :

depot_composants_loragate

Vous êtes enfin prêt à concevoir votre schéma électronique. On retrouve bien :

  • Le connecteur USB-A
  • Le driver USB-TTL / Régulateur
  • Le module LoRa
  • Le connecteur SMA (pour l’antenne)

Tout le reste correspond aux composants passifs. J’ai pour habitude d’utiliser uniquement des composant CMS de taille 0603 (package). Cela me permet de pouvoir gagner de la place mais aussi pouvoir reprendre des soudures sans trop galérer. Tout est dans le compromis…

Assembler les composants

Dans cette partie, l’objectif est simple. Il faut faire communiquer les composants que l’on a déposé. Pour cela, il est INDISPENSABLE d’utiliser les datasheet (je le répéterai jusqu’à vous souler ;)). En effet, toutes les informations utiles au bon fonctionnement de chaque élément se trouve dans ce document.

En plus des caractéristiques, souvent, il y a des exemples de mise en situation. Il convient donc de s’en inspirer.

Bon dans notre cas, il y a pas de grosses complexités. Voici les liens simples pour relier tous les composants.

Schematique_loragate

Rien de particulier dans ce schéma, on relie les alimentations et les masses des composants puis les signaux D+ et D- du connecteur USB et enfin le RX / TX pour la communication entre le pilote USB et le modem LoRa. N’oubliez pas d’inverser les signaux de l’interface série. Le TX avec le RX et inversement.

Là, nous sommes dans le fonctionnement logique mais si vous en restez là, c’est que vous n’avez surement pas lu les spécifications des composants ou que vous ne maîtrisez pas encore le domaine de l’électronique.

Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque composant à besoin d’être plus ou moins configuré pour être stable. Quand on parle de stable, c’est des signaux et une alimentation sans perturbation. Si on construit, en l’état, la carte électronique, elle fonctionnera surement (quoique) mais si vous espionnez les signaux ou l’alimentation à l’aide d’un oscilloscope, vous verrez surement des perturbations.

Pour le cas des modules prêts à emploi (comme le E78-868LN22S), ne vous laissez pas berner, s’il n’y a rien à rajouter, c’est que c’est déjà intégré DANS le module.

Voici le nouveau schéma après avoir respecter les datasheet.

Le découplage + antiparasite

Schematique_loragate_decouplage

Principalement, nous avons rajouté des condensateurs de découplage. Cela permet de limiter le « couplage » entre l’alimentation et le signal. Grossièrement, les condensateurs de découplage permettent de lisser l’alimentation et encaisser les perturbations possibles des signaux.

On peut voir aussi que la datasheet recommande une ferrite sur l’alimentation. Cette ferrite est un antiparasite et permet d’absorber des énergies des hautes fréquences.

Les signaux et filtres

Alors là, on passe dans des concepts beaucoup plus complexes. Ce dont je m’aperçois dans le domaine, c’est qu’il y a la théorie (qui est magnifique) et la pratique. A force de pratiquer et d’exercer, on s’aperçoit que, dans chaque situation précise, on utilise toujours les mêmes concepts.

Dans notre cas les filtres vont permettre d’éliminer des fréquences parasites. Pour filtrer, normalement, il faut utiliser le couple résistance + condensateur mais dans le cas de ce projet, les valeurs sont tellement basses que seules les condensateurs sont utiles.

Alors je ne suis pas du tout spécialiste (domaine ultra complexe) et je ne suis que certains conseils… et la datasheet :). Il est parfois utile de suivre la schématique de projet équivalent de constructeur qui ont passé les normes et passé leur design en test… Mais ce n’est pas toujours facile de trouver ce qu’on veut.

Schematique_loragate_filtre

Pour les signaux RX / TX, je ne rajoute rien car sur la datasheet du module, les recommandations ne spécifie pas de rajouter un filtre. Ils recommandent une connexion directe… Comme préciser plus haut, tout doit être intégré dans le module.

Adaptation d’antenne

L’adaptation est un domaine complexe, tellement complexe que je vais consacrer un article entier à ce sujet.

En effet, il ne faut pas croire qu’en mettant simplement une antenne 868Mhz, une fois assemblée, l’antenne résonne à la bonne fréquence. Pour anticiper l’adaptation d’antenne, il faut rajouter un réseau de condensateurs et d’inductances afin de pouvoir trouver le bon paramétrage. Voici à quoi cela ressemble ce réseau.

Schematique_loragate_adaptation

Pour le moment, on ne met que les empreintes… on ne connait pas encore les valeurs et seront déterminés par les travaux d’adaptations.

Ces composants seront dans un boitier différent (0402) car je n’ai que des composants d’adaptations uniquement dans cette version.

Le design de la LoRaGate

Bon ça y est, pour le moment le schéma est fonctionnel. Il est alors temps de passer au design de la carte.

Bien entendu, rien ne vous empêchera de repasser sur la schématique pour corriger (et c’est toujours le cas :)). Pour passer dans la partie « design », il faut cliquer sur l’icone suivante de la barre des menus.

eagle_cad_menu

Et une nouvelle fenêtre apparaîtra … avec tous les composants :

Design_depart

La partie « design » et l’une des parties que je préfère le plus car c’est le moment où la conception prend vie. Il y a bien entendu des règles à suivre pour que tout fonctionne correctement et c’est ce que nous allons voir dans le prochain article.

Afin de commencer le placement des composants, la première des choses à faire est de délimiter les bords de carte. Autrement dit, il faut choisir la taille que doit faire la carte électronique.

Si vous êtes dans l’optique de faire une carte nue, pas de problème … vous choisissez les dimensions que vous souhaitez et c’est assez vite réglé… mais si vous voulez placer la carte dans un boitier, c’est une autre histoire.

Dans le cas du projet, j’ai choisi un boitier pour être plus propre et après mûres réflexions, j’ai choisi ce boitier :

boitier_1551USB2TSK

Alors pour les connaisseurs, cela vous rappellera la ZiGate-USB mais c’est le modèle plus petit, le 1551USB2TSK. Il convient parfaitement aux dimensions (et fonctions) de la carte et permettra de faire ressortir le connecteur SMA.

Bref, nous allons partir sur ces dimensions pour concevoir la carte électronique. (voir la datasheet)

Design_boitier

L’objectif va être de faire rentrer tous les composants dans le rectangle blanc (représentant les bords de la carte)

Conclusion

Dans cette partie, on est bien rentrée dans le vif du sujet. J’ai passé sur les grosses explications des concepts en électronique mais j’ai essayé de communiquer rapidement ma méthode pour la conception de carte électronique.

En fait, je me suis fait un peu piéger par la masse d’informations et je suis bien conscient que pour un débutant, ça peut paraître imbuvable et pour un pro pas assez détaillé (d’ailleurs n’hésitez pas à me dire en commentaire si c’est trop ou pas assez précis).

Pour la prochaine étape, on va voir comment placer les composants, optimiser leur position et tout faire rentrer dans le boitier.

A bientôt !

EDIT : Le Modem LoRaGate est désormais disponible sur la boutique

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