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Les intérêts des haies de jardin en permaculture

Parce qu’il est urgent que nous soyons de plus en plus nombreux à œuvrer pour la protection de la biodiversité tant mise à mal ces dernières décennies, nous vous partageons en vidéo les conseils avisés de Gilles Leblais en ce sens.

Ornithologue, auteur, conférencier et photographe naturaliste, passionné de biodiversité, Gilles Leblais nous explique comment il a conçu et installé des haies et bosquets naturels dans son jardin Paradis à Velanne en Isère afin d’attirer un maximum de faune sauvage.

Nous espérons que cette vidéo vous inspirera pour planter, vous aussi, des bosquets et des haies vives naturelles dans vos jardins en permaculture pour aider au mieux la biodiversité.

⚠️ Ci-dessous une retranscription texte de la vidéo :

La haie naturelle sauvage pour plus de biodiversité

Pour moi, la haie est une mini forêt en linéaire donc sur une longueur, mais on a exactement le même principe : les feuilles qui tombent, l’humus qui se crée, etc.

Tout ce qui va tomber de l’arbre revient à l’arbre et va avoir un intérêt pour tout le reste.

C’est mon expérience d’observateur de la nature un peu partout en Europe, dans le monde, qui m’a convaincu qu’à partir du moment où c’est très arboré, il va y avoir une richesse au niveau de la biodiversité.

Donc, dans un jardin, le milieu arboré le plus simple à mettre en place, c’est la haie naturelle.

Haie de jardin, vive et naturelle en automne.
Toute la beauté d’une haie vive naturelle en automne, chez Gilles Leblais, dans son jardin Paradis en Isère. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Une haie sauvage en fait, pas de haies coupées, mais des haies libres, taillées raisonnablement, à l’image du bocagecomme on pouvait le voir autrefois dans nos campagnes, qui malheureusement aujourd’hui s’est morcelé. Pourtant, on recommence à demander aux agriculteurs de planter des haies, ce qui est bien.

Si c’est une mini forêt en linéaire, on peut jouer dans un jardin, notamment dans sa conception, aussi bien sur sa verticalité que sur son horizontalité et cela a un impact très important.

Puisque plus le jardin sera arboré et plus il sera riche de biodiversité.

Quels arbres et arbustes planter dans sa haie végétale naturelle ?

Donc forcément, on va jouer avec différentes espèces :

  • les espèces locales autochtones du coin dans lequel se situe le jardin en priorité.
  • Après, on peut rajouter des cultivars ou des exotiques, à condition qu’elles aient un intérêt pour la biodiversité et qu’elles soient adaptées au lieu et au climat du jardin.

Ça, ce sont mes observations qui me permettent aujourd’hui de pouvoir dire ça et de l’avoir mis en place ici dans Mon jardin paradis.

Les intérêts et multiples fonctions des haies naturelles

Ces haies, leurs intérêts sont à plusieurs niveaux.

La haie naturelle pour un jardin sous haute protection

On va déjà mettre le jardin sous haute surveillance arborée.

Vue aérienne avec maison dans une clairière entourée de haies vives naturelles.
Vue aérienne d’une partie du jardin de Gilles Leblais avec sa maison dans la clairière entourée de haies vives naturelles.

Notamment la première des choses, c’est de placer des haies sur le pourtour du jardin, de façon à créer comme un espace de clairière pour le reste et que, de la maison, on se sente comme protégé en fait, et pour les animaux, pour la biodiversité, ce sera la même chose.

Les microclimats bénéfiques des haies de jardins

En plantant ces haies à différents endroits et dans le pourtour notamment, il y en a qui vont être exposés au soleil à certaines périodes de la journée.

Ces coins de lumière entrecoupés de pénombre, de mi-ombre, vont plaire non seulement à nous, quand on veut s’abriter du vent ou du soleil notamment par les périodes de canicule qu’on vient de passer, mais également aux animaux.

Ils s’y retrouveront eux aussi donc c’est important.

Jeux d’ombre et de lumière créés par les haies de jardin, vives et naturelles.
Les jeux d’ombre et de lumière créés par les haies vives naturelles offrent de nombreux microclimats bénéfiques aux humains comme à la biodiversité !

Des haies vives, mais aussi haies brise-vent, médicinales, comestibles, fleuries

Si on plante une haie au nord par exemple, on va se protéger des vents froids, et ça, c’est valable aussi à l’ouest, puisqu’il y a souvent des pluies battantes et d’autres vents également.

Ça va servir aussi à drainer l’eau notamment par le système racinaire.

Elle peut être aussi médicinale, si on plante certains arbres ou arbustes qui peuvent avoir des bienfaits thérapeutiques on va dire.

Couper certaines branches peuvent servir dans un but énergétique également pour en faire du bois de chauffage.

La haie peut être nourricière aussi suivant les arbustes s’ils sont florifères au printemps donc pour la pollinisation des insectes et puis fructifères dès la fin de l’été jusqu’à l’automne.

Ces fruits vont être non seulement pour nous, si je pense à un néflier par exemple ou un cornouiller mâle qui offrent des récoltes comestibles pour nous, mais également pour les oiseaux, les mammifères et j’en passe.

Branche de cornouiller mâle (Cornus mas) chargée de fruits comestibles.
Branche de cornouiller mâle (Cornus mas) chargée de fruits comestibles pour nous comme pour la faune sauvage.

Donc, c’est tout l’intérêt d’une haie de jardin naturelle.

Limiter l’impact du réchauffement climatique en plantant des haies

Aujourd’hui, on va être impacté de plus en plus par le réchauffement climatique, ses modifications, etc.

Tout l’intérêt aujourd’hui, ce n’est pas couper des arbres, c’est planter des arbres !

Plus on plantera des arbres, mieux ce sera pour réguler les températures.

Donc, pour les propriétaires de jardins, c’est le point de départ, essentiel dans un jardin : planter des haies naturelles.

C’est ce qui va permettre de créer un juste équilibre et de pouvoir temporiser les grands écarts de températures qu’on subit.

Les haies et l’effet de lisière ou effet de bordure

Dans la lecture du paysage, il y a ce que j’appelle l’effet de lisière.

C’est-à-dire la rencontre entre deux types de milieu. Donc, dans ce cas, la partie arborée et la partie herbacée.

Quand deux milieux se rencontrent, on va créer comme un corridor biologique.

Il va y avoir un intérêt pour nous, pour se protéger des vents comme j’ai dit tout à l’heure ou du soleil, mais pour les animaux, la haie va être un coin de refuge et un coin nourricier, mais ça ne les empêche pas de venir également se balader dans le jardin sur la strate herbacée.

On prend un exemple d’un animal qu’on trouve dans le jardin, le hérisson.

Eh bien, le hérisson pourra s’abriter dans la haie pour passer l’hiver, mais il viendra également chasser les limaces sur la partie herbacée, donc voilà, c’est un exemple parmi d’autres.

Il y en a plein avec les oiseaux aussi…

Oiseaux trouvant refuge et nourriture dans une haie de jardin vive et naturelle : à gauche, une fauvette à tête noire mangeant des baies de viorne obier, au centre, un rouge-gorge sur un argousier en fruit et à droite, un tarin des aulnes mangeant des graines de bouleau.
Exemples d’oiseaux trouvant refuge et nourriture dans une haie de jardin vive et naturelle : à gauche, une fauvette à tête noire mangeant des baies de viorne obier, au centre, un rouge-gorge sur un argousier en fruit et à droite, un tarin des aulnes mangeant des graines de bouleau. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage

Des haies pour la biodiversité et pour retisser un lien réel avec la nature

De toute façon, cette haie vive et naturelle sera colonisée, expérimentée, utilisée par la faune du bas de la haie jusqu’aux différentes strates qui va y avoir, et jusqu’aux cimes des arbres.

Il va y avoir des animaux qui rentreront en contact et pour créer ce juste équilibre.

Donc la haie, c’est primordial dans un jardin parce qu’on est sûr non seulement qu’elle nous apportera quelque chose à nous, mais qu’on sera en lien réel avec la nature et avec la protection de cette biodiversité qui est indispensable aujourd’hui.

Rencontre animale entre un rouge-gorge et un mulot dans une haie de jardin naturelle.
Plantez des haies de jardin naturelles pour protéger la biodiversité : ici rencontre animale entre un rouge-gorge et un mulot. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage

Pour aller plus loin dans la conception de votre haie de jardin naturelle

Si vous avez l’intention de suivre les conseils de Gilles Leblais et d’installer comme lui des haies naturelles dans votre jardin pour protéger un maximum de biodiversité, nous vous invitons à découvrir notre article sur le livre qu’il a entièrement dédié à ce sujet :

« Ma haie refuge de biodiversité ».

En plus de vous donner un avant-goût de toutes les espèces animales que vous pourrez bientôt accueillir et observer chez vous, cet ouvrage vous aidera à :

  • choisir les espèces à planter,
  • choisir judicieusement leur emplacement sur votre terrain,
  • savoir comment les planter, les entretenir dans le temps,
  • comprendre tous les services que cette faune sauvage vous rendra au jardin,
  • découvrir plein d’informations étonnantes sur cette biodiversité
  • et bien plus encore…
photos d’animaux sauvages dans des milieux arborés. © Gilles Leblais

Ma haie, refuge de biodiversité

Choisir, planter, observer

Livre de Gilles Leblais

Éditions Terre Vivante

Environ 14 €

Amazon Decitre Fnac Librairie Permaculturelle Unithèque

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Livre Ma haie refuge de biodiversité : choisir, planter, observer

Qui est Gilles Leblais, auteur du livre « Ma haie refuge de biodiversité »

Gilles Leblais a de multiples casquettes : photographe nature, ornithologue, conférencier, consultant pour l’aménagement de jardins naturels et sauvages. Il est aussi journaliste naturaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur la nature et la biodiversité.

Gilles Leblais, auteur du livre « Ma haie refuge de biodiversité : choisir, planter, observer »
Portrait de Gilles Leblais, auteur du livre « Ma haie refuge de biodiversité » – © Christine Durand

Bref, c’est un véritable amoureux de la nature qui a à cœur de nous émerveiller avec sa beauté pour nous aider à nous y reconnecter et mieux la respecter au quotidien.

Nous apprécions tout particulièrement le travail de Gilles, c’est pourquoi nous avons déjà consacré des articles à deux autres de ses livres qui sont aussi des odes à la nature sauvage :

Gilles nous a également ouvert les portes de son « Jardin paradis » à Velanne en Isère pour une série de vidéos consacrées à la biodiversité à découvrir ci-dessous :

Contenu du livre « Ma haie refuge de biodiversité » de Gilles Leblais

Avec son livre « Ma haie refuge de biodiversité », Gilles Leblais entre dans le détail de tout ce qu’il faut prendre en compte pour installer une haie de jardin vraiment utile pour la faune sauvage, des oiseaux aux insectes, batraciens, reptiles et petits mammifères…

Paru au printemps 2021 chez Terre Vivante, cet ouvrage est, une fois encore, une invitation à l’émerveillement grâce notamment aux magnifiques photos nature de l’auteur !

Le livre est composé de 5 chapitres principaux.

Haies bocagères, haies naturelles, champêtres, haies vives : des plantations vitales pour la biodiversité

Le livre s’ouvre sur le chapitre « Je plante une haie vive » pour nous aider à passer tout de suite à l’action dans nos jardins.

Après avoir rappelé le rôle essentiel des haies bocagères pour la biodiversité, l’auteur nous incite à réfléchir à quelle haie nous pourrions planter chez nous.

Il fournit des éléments détaillés pour choisir les bonnes espèces selon son contexte puis pour savoir comment les planter et les entretenir au fil du temps avec des explications précises de ces différentes mises en œuvre.

Vient ensuite un chapitre sur l’observation de son environnement pour être en mesure de bien intégrer ses haies comme l’ensemble de son jardin dans le paysage, de façon, là encore, à attirer le plus de biodiversité possible.

Le chapitre suivant détaille le rôle des arbres et arbustes dans nos jardins.

On y découvre l’incroyable biodiversité que cela attire, superbes photos à l’appui et ce que cette biodiversité apporte à son tour à l’ensemble.

Gilles Leblais explique également comment faire des choix dans les essences d’arbres et arbustes et dans l’aménagement des haies entre elles sur un terrain.

photos d’animaux sauvages dans des milieux arborés. © Gilles Leblais
Exemples de biodiversité attirée par des haies vives naturelles : le lézard vert (en haut à gauche), l’accenteur mouchet (en haut à droite), le rouge-gorge (en bas à gauche) ou encore le troglodyte mignon (en bas à droite). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Le quatrième chapitre est consacré à la faune sauvage que vous pourrez bientôt observer aussi chez vous en ayant suivi les conseils de plantations de haies des chapitres précédents :) !

On y fait le plein d’infos et anecdotes sur les animaux, leurs mœurs et leurs utilités au jardin.

Enfin l’auteur consacre un court chapitre à l’automne et ses flamboyantes couleurs pour nous rappeler combien les feuilles mortes et tiges de bois mort sont utiles l’hiver pour abriter divers animaux et insectes auxiliaires, mais aussi combien la nature est généreuse, offrant souvent au pied des haies matures de belles récoltes de champignons ;) !

Le livre se termine par un glossaire et la liste des arbres, des arbustes et des animaux cités dans l’ouvrage, très pratique pour retrouver rapidement les photos ou les descriptions sur telle ou telle essence végétale ou espèce animale.

À qui s’adresse le livre « Ma haie refuge de biodiversité » ?

Comme les précédents ouvrages sur la mare et sur le bois mort, ce livre est un formidable plaidoyer pour la protection de la biodiversité, mais cette fois, grâce à la plantation de haies naturelles dans nos jardins.

Facile à lire et richement illustré, cette ode à la nature sauvage ravira lectrices ou lecteurs de tout âge !  Il comblera aussi toutes celles et ceux qui souhaitent œuvrer pour la sauvegarde de la biodiversité tant mise à mal ces dernières décennies par des pratiques destructrices.

C’est pourquoi nous le recommandons à tous les curieux, naturalistes en herbe, mais aussi aux permacultrices et permaculteurs, débutants comme expérimentés souhaitant accueillir dans leur jardin cette faune sauvage si essentielle à un écosystème résilient.

Il sera également un bon support pédagogique pour éveiller et sensibiliser un large public à l’importance capitale des haies naturelles pour la survie de nombreuses espèces animales.

C’est donc, pour nous, un ouvrage à mettre entre toutes les mains dès que possible !

photos d’animaux sauvages dans des milieux arborés. © Gilles Leblais

Ma haie, refuge de biodiversité

Choisir, planter, observer

Livre de Gilles Leblais

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Environ 14 €

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À bientôt 👋 !

L’équipe du bureau d’études Permaculture Design

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Forêt jardin ou verger en permaculture, lequel choisir ?

Quand on veut produire des fruits en permaculture, de manière significative (pas juste une petite production anecdotique), on se retrouve confronté au choix du type de système qui permettra une telle production dans le respect de la nature.

Les deux principaux systèmes répondant à cela sont la forêt-jardin et le verger naturel en permaculture.

Tous deux sont vraiment très intéressants pour produire sainement tout en étant résilients et accueillants pour la biodiversité.

Le choix sera donc propre à chaque porteur de projet et dépendra surtout des objectifs et contextes de chacun !

Retrouvez ci-dessous des éléments de réflexion pour vous aider à déterminer ce qui vous conviendra le mieux.

Forêt jardin et verger en permaculture, quelle différence ?

La forêt-jardin ou forêt comestible en résumé

La forêt-jardin est un écosystème complexe qui se rapproche beaucoup d’une forêt naturelle à la différence qu’elle est entièrement conçue, réfléchie et plantée pour remplir les objectifs de la personne qui l’installe.

Vue d’une partie de la forêt-jardin de Martin Crawford, créée il y a plus de 20 ans dans le Devon, au sud de l’Angleterre.

Vue d’une partie de la forêt-jardin de Martin Crawford, créée il y a plus de 20 ans dans le Devon, au sud de l’Angleterre. Extrait de sa formation en ligne sur le design d’une forêt-jardin : « Créer et gérer une Forêt jardin avec Martin Crawford » © Martin Crawford.

C’est donc un projet qui nécessite un travail relativement poussé de design ou conception pour être efficace et qui portera ses fruits à moyen voire long terme.

Ce concept de forêt-jardin ou forêt nourricière est vraiment formidable et jouit d’ailleurs d’une belle image dans l’imaginaire collectif grâce à son aspect luxuriant faisant penser à un jardin d’Eden où on pourra faire ses cueillettes au gré de ses balades dans cet espace de nature retrouvée.

Si vous souhaitez vous lancer dans la conception d’une forêt-jardin, Martin Crawford, l’un des meilleurs experts mondiaux dans ce domaine, vous guidera grâce à sa formation vidéo « Créer et gérer une Forêt jardin avec Martin Crawford » entièrement traduite par nos soins.

Le verger naturel, un potentiel méconnu à découvrir

On a bien souvent une image du verger un peu vieillotte, de la production fruitière avec des arbres poussant en ligne souvent en monoculture, sans plantes compagnes et donc manquant de biodiversité. La culture d’un verger évoque aussi souvent l’utilisation de nombreux intrants chimiques pour gérer les ravageurs et maladies inhérents à des systèmes peu diversifiés et donc fragiles.

Or, le verger naturel en permaculture est très différent d’un verger classique, car il s’appuie sur la biodiversité tout en restant de conception rationalisée et assez simple.

Jeune verger naturel en permaculture implanté selon une forme circulaire avec, au centre, une roulotte.

Jeune verger naturel en permaculture implanté selon une forme circulaire avec, au centre, une roulotte. © Mathias Andre

Il possède donc de nombreux avantages à commencer par sa capacité à produire rapidement et efficacement des quantités importantes de fruits dans le respect de la nature.

Créez et installez votre verger naturel.

3 jours de stage pour concevoir votre verger naturel en permaculture que ce soit pour une activité professionnelle ou pour développer votre autonomie en fruits.

Comparé au concept de jardin-forêt, le verger naturel est un système plutôt méconnu des personnes s’intéressant à la permaculture et c’est bien dommage.

Voyons ensemble ses avantages et inconvénients par rapport à une forêt-jardin !

Les inconvénients du verger naturel en permaculture par rapport à la forêt-jardin

Comparé à une forêt-jardin, le verger naturel en permaculture :

  • a une esthétique moins naturelle :
    • C’est un système conçu pour faciliter les récoltes et optimiser la productivité. On voit donc plus la main de l’homme dans un verger naturel que dans un jardin-forêt, car les différents espaces de cultures sont plus clairement définis et souvent implantés en lignes (droites ou courbes, mais en ligne quand même) de façon à pouvoir accéder facilement aux fruits, y compris avec des véhicules si besoin, et à récolter plus sur un espace plus restreint.

Verger naturel en permaculture implanté en ligne droite avec cerisiers en fleurs et lierre grimpant en couvre-sol.

Exemple de verger naturel en permaculture implanté en ligne droite. © Pascal et Claire Crevel

  • utilise moins de strates de végétation :
    • Même si on va quand même avoir plusieurs strates de végétation dans un verger naturel, toutes ne pourront pas être présentes contrairement à un jardin forêt qui peut vraiment toutes les accueillir. On pense ici notamment à la strate des grands arbres de canopée ou à certaines strates herbacées qui ne seront pas compatibles, par exemple, avec du pâturage d’animaux comme des moutons, poules, cochons… dans le verger naturel.
  • aura des zones sauvages plutôt en périphérie :
    • Même si on installe, dans un verger naturel, des arbres dédiés à la biodiversité et des niches écologiques, les véritables zones sauvages non touchées se trouveront plus en périphérie du système.
  • est un écosystème moins complexe qu’une forêt-jardin :
    • Parce qu’il est plus rationalisé en vue de produire du fruit, mais aussi pour les raisons listées ci-dessus, un verger naturel formera un écosystème moins complexe qu’une forêt-jardin. Par conséquent, au niveau de la faune notamment, les chaines alimentaires existantes dans un verger naturel (relations entre proies et prédateurs) seront moins complexes que dans un jardin-forêt et donc un peu moins résilientes.

Les avantages du verger naturel en permaculture par rapport à la forêt-jardin :

Comparé à une forêt-jardin, le verger naturel en permaculture :

  • est plus simple à concevoir :
  • est plus rapide à installer et à produire de façon significative :
    • Étant conçu dans le but de produire efficacement en quantité significative, le verger naturel en permaculture se révèle plus vite productif qu’une forêt-jardin qui nécessite généralement plus de temps pour atteindre son plein potentiel.
  • est très économique (1 à 2 € l’arbre fruitier) avec cette méthode :
    • L’investissement de départ sera donc plus vite rentabilisé.
  • est très productif :
    • Le verger naturel en permaculture est un système pouvant tout à fait servir de base à une activité professionnelle de production fruitière tant il est efficace et rentable.

Abondante récolte de fruits diversifiés : pêches, nèfles, pommes, poires, prunes quetsches…

Abondante récolte de fruits diversifiés : pêches, nèfles, pommes, poires, prunes quetsches…

  • nécessite peu de connaissances à apprendre :
    • Une fois la méthode acquise et les choix de végétaux effectués, la somme de connaissances à maitriser pour débuter son verger naturel est bien moindre que dans le cas d’un jardin-forêt plus complexe.
  • nécessite peu de maintenance :
    • Comme les espaces sont bien définis et rationalisés dans leur organisation, leur maintenance est facilitée et de gestion simple avec des périodes d’interventions clairement identifiées et concentrées sur des espaces souvent moins étendus que dans le cadre d’un jardin-forêt.
  • rend les récoltes efficaces et rapides :
    • Contrairement à un jardin-forêt où, question récolte, on est plus souvent dans la notion de glanage par-ci, par-là, au fil d’une balade ; dans un verger naturel, les récoltes sont efficaces et rapides, car les arbres fruitiers sont facilement accessibles et concentrés sur un même espace.
  • produit des « valeurs sûres » qu’on sait cuisiner, transformer, conserver :
    • Le verger naturel visant vraiment l’efficacité dans la production fruitière, il inclut généralement les fruits qui nous plaisent gustativement et dont on sait quoi faire en termes de cuisine et conservation.
    • Dans une forêt-jardin, à l’inverse, on est souvent tenté, dans un souci de diversité, d’esthétisme ou par simple curiosité, d’implanter des fruitiers originaux dont on ne connait pas les fruits et dont on ne sait pas trop quoi faire au final, ni même si on va en apprécier le goût.
  • Offre la possibilité de faire pâturer des animaux :
    • Dans sa conception, notamment si cela est anticipé dès le départ du projet, le verger naturel en permaculture se prête aussi très bien à de l’élevage animal.
    • En pâturant dans les allées du verger, les animaux créent de super synergies avec celui-ci en coupant les chaines de reproduction de certains ravageurs par la consommation des fruits infestés tombés au sol, en fertilisant le sol de leurs déjections, en permettant des productions en plus (œufs, viande, lait…) et donc un revenu supplémentaire en cas de projet professionnel.

Des animaux d’élevage peuvent très bien être intégrés dans un verger naturel en permaculture.

Des animaux d’élevage peuvent très bien être intégrés dans un verger naturel en permaculture.

  • Nécessite moins de place :
    • Un verger naturel peut se concevoir même dans un petit jardin ou un espace restreint.

Comment implanter son verger naturel en permaculture ?

Voici les 4 grandes étapes de la création d’un verger naturel :

1. Comprendre son lieu et le fonctionnement de la nature :

Comme toujours en permaculture, tout commence par l’observation de son lieu (eau, vent, animaux, sol…) afin de bien en comprendre les forces et faiblesses, en connaitre les ressources visibles et invisibles…

2. Concevoir son verger naturel :

Avec un peu de méthode, la conception de son verger naturel permet de bien le dimensionner et de choisir pertinemment :

  1. La hauteur des arbres
    • Il existe différentes hauteurs d’arbres qui permettent soit d’accueillir des animaux en pâturage, soit de se faciliter la récolte.

    Illustration des différentes hauteurs d’arbres fruitiers basses tiges, demi-tiges ou hautes tiges.

    Illustration des différentes hauteurs d’arbres fruitiers à choisir selon votre projet de verger naturel. Pour une même variété de fruits, il est possible de choisir des arbres basses tiges, demi-tiges ou hautes tiges. Croquis extrait du support de cours du stage sur le verger naturel avec Mathias Andre.

  2. S’il y aura des animaux ou pas
    • L’élevage d’animaux, comme des volailles (poules, canards…), des lapins, des cochons ou encore des ovins ou des bovins, peut très bien être combiné avec un verger naturel en permaculture.

    Illustration de ce qu’implique la présence d’animaux pâturant dans le verger (ici de petits animaux type poules, lapins ou cochons Kune Kune), en termes de protection des jeunes arbres fruitiers.

    Illustration de ce qu’implique la présence d’animaux pâturant dans le verger (ici de petits animaux type poules, lapins ou cochons Kune Kune), en termes de protection des jeunes arbres fruitiers. Selon le type d’animaux choisi, les hauteurs d’arbres et protections à prévoir seront différentes. Croquis extrait du support de cours du stage sur le verger naturel avec Mathias Andre.

  3. Les bonnes variétés fruitières
    • Choix des goûts, des variétés plus ou moins tardives, adaptées à son terroir, en adéquation avec les utilisations souhaitées (fruits de table, pour du jus ou pour autres préparations).
  4. La forme de son verger
    • En lignes droites, en cercles ou autres, avec combien de strates de végétations différentes…

3. Mettre en place son verger en permaculture :

Grâce à la méthode enseignée par Mathias Andre dans nos stages, installer son verger naturel devient vraiment une étape très simple, car bien structurée et conçue en amont pour répondre à vos besoins.

4. Entretenir son verger naturel et en récolter les fruits :

Comme vu précédemment, l’organisation rationnelle de votre verger en permaculture permet de réduire le temps consacré à sa maintenance et aux récoltes avec des interventions ponctuelles bien identifiées, faciles à anticiper et regroupées sur des zones concentrées.

Récolte de pommes facilitée car concentrée sur un espace restreint, on ne s’éparpille pas, ce qui rend nos actions plus efficaces.

Récolte de pommes facilitée car concentrée sur un espace restreint, on ne s’éparpille pas, ce qui rend nos actions plus efficaces.

Je passe à l’action et mets en place mon verger en permaculture

Vous voulez créer votre abondance en fruits de manière efficace et économique ?

Dans, ce cas, vous l’aurez compris, nous vous conseillons d’aller vers la création d’un verger naturel en permaculture plutôt qu’une forêt-jardin.

Alors, si vous voulez vous lancer et mettre un coup d’accélérateur à votre projet, suivez notre stage de 3 jours dédié à la création d’un verger naturel avec Mathias Andre, arboriculteur et formateur expérimenté, spécialiste du verger naturel en permaculture !

Voici un retour, en vidéo, des participants à ce stage des sessions 2022 :

En conclusion, pour faire votre choix entre forêt-jardin et verger naturel :

En conclusion, le choix entre une forêt jardin et un verger naturel dépendra de vos préférences et de vos objectifs en matière de productions fruitières.

Si vous avez la patience de créer et d’entretenir un écosystème complexe et que vous privilégiez l’accueil de biodiversité à la production de fruits, une forêt-jardin sera la meilleure option même si elle est plus compliquée et plus longue à mettre en place.

Et si vous cherchez clairement à produire des fruits en quantité significative, de manière durable tout en favorisant aussi une belle biodiversité, alors c’est le verger naturel en permaculture qui vous correspondra le mieux.

Enfin, pour les plus motivés d’entre vous qui n’arriveraient vraiment pas à faire un choix, à partir du moment où vous avez un terrain suffisamment grand et du temps pour bien faire votre conception globale (design de permaculture), il est tout à fait possible de combiner les deux en intégrant un verger naturel dans une forêt-jardin ou inversement !

Bonne permaculture à toutes et tous !

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Gardez le bois mort dans votre jardin en permaculture !

En permaculture, la nature est notre professeur principal que nous essayons d’imiter au mieux pour augmenter la résilience et l’autonomie de nos lieux. En observant la nature, on constate assez vite qu’elle a prévu une deuxième vie bien remplie à une ressource abondante et sans cesse renouvelée : le bois mort, notamment en le transformant en gîte pour une ribambelle d’insectes et d’animaux ou en nourriture pour des champignons divers dont certains comestibles intéressants.

Au bureau d’études, nous aimerions que de plus en plus de monde réalise à quel point le bois mort au jardin est une niche écologique formidable si facile à mettre en place.

C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre d’un passionné de nature et de biodiversité, Gilles Leblais, auteur du livre « Branchages et bois mort au jardin : des trésors pour la biodiversité. ».

Il nous a ouvert les portes de son « Jardin Paradis » à Velanne en Isère pour nous montrer concrètement comment il utilise les arbres morts et plus généralement le bois mort dans son jardin 🪵 pour favoriser un maximum de biodiversité !

Découvrez les conseils de Gilles et des gestes simples 😲 pour aider la faune sauvage à s’installer durablement chez vous dans la vidéo ci-dessous :

Vous souhaitez augmenter la biodiversité dans votre jardin ? Alors, maintenant à vous de jouer !

Gilles est aussi un photographe nature, ornithologue, conférencier et journaliste naturaliste qui souhaite réenchanter notre regard et nous émerveiller avec les beautés et curiosités de la nature pour mieux la respecter et l’accueillir dans notre quotidien !

Vous le retrouverez donc prochainement dans nos publications pour une série de vidéos sur la nature et la biodiversité au jardin 🦔🪲🐿.

Nous espérons que ça vous plaira !

Ci-dessous une retranscription texte de la vidéo :

Les intérêts du bois mort dans votre jardin en permaculture

Le bois mort est d’une richesse étonnante. Tout ce qui tombe de l’arbre revient à l’arbre en quelque sorte.
D’où l’intérêt de garder ce bois mort au niveau biodiversité, mais pas que.

Le bois mort va se décomposer sur place, va créer un humus hyper intéressant.

On peut même, sur du bois mort, cultiver des champignons (champignons de type shiitake, pleurotes).

Pleurotes en huître poussant sur un tronc de bois mort dans le jardin en permaculture de Gilles Leblais.

En plus d’attirer la biodiversité, le bois mort au jardin peut aussi servir à cultiver des champignons comestibles ! Exemple chez Gilles Leblais avec ces pleurotes en huîtres (Pleurotus ostreatus). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Donc il y a un intérêt qui est vraiment fondamental dans le jardin et pour attirer cette biodiversité.

Sous quelles formes garder le bois mort dans votre jardin en permaculture ?

Un simple tas de bois, quelques coupes dans la haie qui ont été posées là et puis au fur et à mesure du temps, c’est le lierre, une plante grimpante qui a pris le dessus.
Ça fait partie d’une possibilité avec le bois mort, comme ça se passe dans la nature.

L’intérêt de faire ça, c’est qu’il est bien évident que des animaux vont trouver le gîte.

Notre ami le hérisson, « Picpic » comme je l’appelle, pourra habiter dans ce tas de bois.

Ses petites cousines les musaraignes même chose et de nombreux insectes également donc, qu’on arrête de dire que le bois mort ce n’est pas propre.

Le hérisson (à gauche) et la musaraigne (à droite) sont deux auxiliaires du jardin en permaculture trouvant refuge dans les tas de bois mort.

Un tas de bois mort au jardin servira de gîte à de nombreux animaux sauvages à commencer par le hérisson ou encore la musaraigne, tous deux excellents auxiliaires du jardin dévoreurs, entre autres, de limaces et d’escargots. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Ça peut être très joli, mais même dans un paysage de nature, au pas de sa porte comme dans mon jardin, il va avoir son rôle à jouer.

Le vieil arbre mort sur pied

Un arbre mort sur pied, on ne va pas le couper. On va le laisser également à la faune.

Cet arbre mort était debout il y a encore quelques semaines et avec un coup de vent, il s’est couché.
Ce n’est pas grave, je vais le laisser vivre, continuer à vivre puisque, à l’intérieur de cet arbre couché, d’innombrables animaux vont vivre ou séjourner.

Je peux vous certifier que j’ai notamment de la petite biche qui est un gros coléoptère qui va avoir son intérêt, et comme du lucane cerf-volant également qui vont être présents dedans notamment quand les femelles pondent et ont besoin de ce bois mort pour pondre.
Leurs larves vont se développer de 2 à 3 ans dans ce bois mort.

La petite biche et le lucane cerf-volant sont deux insectes utiles ayant besoin de bois mort pour vivre et s’installer durablement dans un jardin en permaculture.

Le bois mort au jardin en permaculture abrite de nombreux insectes utiles comme la petite biche (à gauche) ou le lucane cerf-volant (à droite). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Donc ce bois mort a un intérêt crucial pour ces animaux.

Le tas de bois mort idéal qu’on devrait trouver dans tous les jardins

Un tas plus gros, pareil, bois mort empilé, avec comme un toit de chaume en fait et il aura le même intérêt que tout ce dont j’ai pu parler avec d’autres espèces.

L’idéal dans un jardin : 1,20 m de haut, la même chose de large, au moins un tas comme ça dans son jardin.

Tas de bois mort réalisé par Gilles Leblais dans son jardin Paradis pour attirer la biodiversité.

Exemple de tas de bois mort réalisé par Gilles Leblais dans son jardin Paradis à Velanne pour attirer la biodiversité.

Plus votre jardin est grand, plus vous pouvez en répartir partout.

Ça aura son intérêt de toute façon.

S’inspirer de la haie sèche ou haie de Benjes

Voilà un exemple où je me suis inspiré de la haie sèche ou la haie de Benjes. Des piquets ont été plantés, je tresse des branches autour et j’empile du bois mort.

J’ai créé là un cercle qui deviendra peut-être un potager plus tard. Pour l’instant, il encercle une prairie fleurie.

Structure en branchages et bois mort inspirée de la haie sèche ou haie de Benjes dans le jardin en permaculture de Gilles Leblais.

Structure en branchages et bois mort inspirée de la haie sèche ou haie de Benjes pour attirer la biodiversité dans le jardin en permaculture de Gilles Leblais.

Donc ça, c’est un cercle de branchage.
L’intérêt c’est que je mets du branchage à l’intérieur et je vais m’en servir pour créer son ossature, les piquets, et je vais tresser en fait un simple branchage autour.
Il peut y avoir plusieurs types de bois.

Je le fais avec tout…
Je vais me servir, entre autres, de saule comme ici, c’est du saule osier, un jaune, il y en a d’autres, il y a du saule marsault, et il y en a beaucoup d’autres encore.

Pendant l’hiver, je taille et je peux me permettre de tresser avec les plus grosses branches.

Je vais tresser l’ossature de ces tas de branchages.

Une vieille souche au sol

Voilà du bois mort, du piquet, un bois mort fiché au sol, une vieille souche au sol.
On voit même là, une petite galerie probablement de campagnol, mais ça peut être aussi une belette qui vient chasser à l’intérieur.

Belette (Mustela nivalis) au pied d’une vieille souche de bois mort laissée au jardin.

Belette (Mustela nivalis) au pied d’une vieille souche de bois mort laissée au jardin. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Une vieille branche plantée au sol ou dans une haie

Ces tiges de bois que je plante vont servir de perchoir aux oiseaux insectivores.

Dans la prairie et dans les friches qu’on a derrière nous, ça va leur permettre de chasser suivant les hauteurs aussi.

Si c’est un gobemouche, ce sera ça, si c’est la fauvette à tête noire, ce sera d’une autre manière, si c’est le rouge-queue à front blanc, lui viendra chasser au sol ou il viendra chasser en vol, ça dépend suivant les espèces.

Donc bois mort planté sur pied, une simple branche va avoir son intérêt et même quand on crée sa haie, on peut rajouter du bois mort pour rajouter un coup de vieillesse à la haie, mais qui sera repéré, entre autres, par les oiseaux.

Jeune rouge-queue à front blanc (mâle immature) perché sur une vieille branche morte dans le jardin.

Jeune rouge-queue à front blanc (mâle immature) perché sur une vieille branche morte dans le jardin d’où il peut facilement s’envoler pour chasser des insectes. © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Un muret en branchages de séparation avec le terrain voisin servant de corridor biologique

Muret de branchage tout le long, entre les voisins et le terrain, comme ça j’ai créé un corridor biologique entre ma haie d’un côté et le côté du voisin.

Et il y a, à nouveau, les tas de bois mort.

Le bois mort est essentiel pour les précieux auxiliaires du jardin

L’intérêt de faire ça, c’est que vous récupérez votre bois mort.

Il n’y a pas de déplacement à la déchetterie ou quoi que ce soit.

Vous allez mettre votre jardin sous haute protection.

Les auxiliaires précieux au jardin vont être dans ce bois mort.

On a déjà parlé du hérisson, des musaraignes, ces petites cousines, c’est le genre de choses qui va leur convenir, mais pas que.
Entre autres, il va y avoir des insectes très intéressants comme les carabes.

Aujourd’hui, j’ai quatre espèces différentes de ces coléoptères dans mon jardin qu’on appelle les carabes ou carabidés.
Ce sont des coléoptères rampants (qui ne volent pas). Ils se déplacent pour chasser dans le jardin.

Photos de plusieurs espèces de carabes, coléoptères rampants et précieux auxiliaires au jardin en permaculture nichant dans le bois mort en hiver.

Le bois mort au jardin en permaculture abrite de précieux insectes auxiliaires comme les carabes, coléoptères rampants dévoreurs de limaces et d’escargots. De gauche à droite : carabe doré ou jardinière (Carabus auratus), carabe violet (Carabus violaceus ssp. purpurascens) et carabe chagriné (Carabus coriaceus). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Pendant les périodes hivernales de l’automne à l’hiver, ils vont passer l’hiver dans ces tas de branchages et bois morts.

Quand le printemps va arriver, ils ont jeûné pendant tous ces mois d’hiver et ils ont envie de boulotter et la première chose qu’ils vont faire en sortant de ces tas de bois morts, c’est qu’ils vont aller à la recherche des œufs et des larves de limaces et d’escargots.

D’où l’intérêt de garder son bois mort au jardin puisque là, on a affaire à des auxiliaires plus que précieux au sein même du jardin.

C’est ça être en lien avec la nature.

C’est savoir mettre notre patte, notre intelligence si on en a une, au service de cette nature, mais à notre service aussi et en même temps, on sait qu’on protège cette biodiversité.

Branchages et bois mort au potager en permaculture : un élément, plusieurs fonctions !

Voilà le petit potager donc même chose, muret de branchages sauf que là, j’ai pensé cultures également.

C’est un principe de permaculture tout simple.

Le bois mort a été empilé sur la moitié des murets, ensuite litière de feuilles mortes et ensuite, un paillage classique à la paille.
Alors ça peut être avec des fougères, ça peut être avec plein d’autres choses.

Pied de rhubarbe planté dans une structure de bois mort inspirée de la haie sèche ou haie de Benjes dans le petit potager de Gilles Leblais.

Une structure de bois mort inspirée de la haie sèche ou haie de Benjes peut aussi servir de support de culture au potager comme ici avec un pied de rhubarbe planté dedans.

C’est la deuxième saison que ces murs ont été faits donc j’ai commencé des tests, notamment avec des courges.
Il y a un plant de rhubarbe aussi qui est bien parti.

L’année prochaine je pourrai commencer avec des blettes, des salades, des choses comme ça dessus.

J’ai un muret de branchage qui met sous haute protection mon potager avec des auxiliaires précieux comme on a pu voir, les carabes, les musaraignes, ça peut être aussi le lézard vert.

Il va y avoir des oiseaux aussi qui peuvent venir nicher, notamment l’accenteur mouchet, le rouge-gorge que tout le monde connaît, le troglodyte mignon, qui ont besoin de ces tas de bois pour chercher leur nourriture, mais ils peuvent y trouver également le gîte pour construire leur nid.

Auxiliaires du potager attirés par une structure de bois mort inspirée de la haie sèche ou de Benjes : le lézard vert (en haut à gauche), l’accenteur mouchet (en haut à droite), le rouge-gorge (en bas à gauche) ou encore le troglodyte mignon (en bas à droite).

Une structure de bois mort inspirée de la haie sèche ou haie de Benjes, entourant le potager, place celui-ci sous haute protection en attirant de nombreux auxiliaires tels que le lézard vert (en haut à gauche), l’accenteur mouchet (en haut à droite), le rouge-gorge (en bas à gauche) ou encore le troglodyte mignon (en bas à droite). © Gilles Leblais, photographe de la vie sauvage.

Et puis l’autre intérêt, c’est qu’on va en faire une planche de culture.
Ce n’est pas pour rien que j’ai empilé du bois mort, une litière de feuilles et de la paille par-dessus.

Au printemps, il suffit simplement d’écarter la paille qui va être au milieu, de mettre un petit peu de compost à la rigueur, et de mettre le plant que vous avez envie de faire partir.
Ça peut être une blette, une salade ou les courges comme j’ai pu mettre cette année, etc.

Et c’est tout simple, c’est tout bête et je crée un espace supplémentaire en hauteur pour la culture potagère.

On allie le bon sens d’un potager sain et utile, où on va pouvoir donc se nourrir, nourrir la biodiversité, la protéger et vivre en harmonie avec la nature et réapprendre à comprendre cette vie qui nous entoure et l’intérêt qu’on a à la protéger au pas de sa porte et dans nos jardins bien évidemment.

Trees for Gardens, Orchards and Permaculture

« Branchages et bois morts au jardin : Des trésors pour la biodiversité »

Des trésors pour la biodiversité

Livre de Gille Leblais

131 pages - édité par Édition Terre Vivante

Prix : environ 15 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon  |  Decitre   |  Fnac  |  Librairie Permaculturelle   |  Unithèque   |

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Liste des 11 plantes médicinales faciles à cultiver dans son jardin en permaculture.

Pour notre série de vidéos gratuites sur la pharmacie naturelle, Fabien Gordon, permaculteur, herboriste et producteur de plantes médicinales et aromatiques dans le Béarn, vous a concocté une liste de 11 plantes médicinales simples à cultiver chez vous, avec un large éventail de propriétés médicinales pour prendre soin de vous et votre famille au quotidien.

Il vous livre tout ça dans la vidéo ci-dessous ! Bonne découverte !

Et si vous souhaitez être guidé.e à chaque étape de la réalisation de votre première pharmacie naturelle, c’est par ici 👇 pour en savoir plus…

Plantez votre première pharmacie naturelle et apprenez à vous en servir au quotidien avec Fabien !

Grâce à notre formation en ligne réalisée avec Fabien, professionnel des plantes médicinales, vous pourrez enfin préparer vous-même et utiliser sans appréhensions, vos remèdes naturels, de manière simple et économique, à partir des plantes que vous aurez cultivées vous-même dans votre jardin 😃 !

Comment faire sa sélection pour créer un jardin de plantes médicinales ?

Faisant suite à notre première vidéo sur tous les intérêts qu’il y a à installer une pharmacie naturelle chez soi, vous avez pu vous rendre compte qu’il y avait un panel énorme de plantes médicinales existantes avec parfois des principes actifs assez forts.

Dès lors, pas facile de choisir lesquelles on va installer au jardin !

C’est pourquoi nous avons demandé à Fabien de faire une sélection de plantes pour vous aider dans vos choix !

Comment Fabien a-t-il fait sa sélection ?

De par son expérience de producteur de plantes et d’herboriste depuis plusieurs années, il a pu constater qu’il y a plusieurs problématiques de santé assez récurrentes chez la plupart des gens :

  • problèmes digestifs
  • problèmes de sommeil
  • problèmes de stress
  • problèmes de cycles menstruels
  • problèmes de toux ou de petits maux hivernaux

Partant de ces maux-là, il a obtenu toute une gamme de plantes qui pouvaient y répondre.

Mélange de plantes médicinales pour une tisane aux nombreuses vertus thérapeutiques facile à réaliser soi-même.

Exemple de mélange de plantes médicinales pour une tisane aux nombreuses vertus thérapeutiques facile à réaliser soi-même.

Et dans toute cette gamme de plantes, il a choisi des plantes :

  • de culture facile
  • dont les plants sont faciles à trouver à l’achat, en local ou en ligne
  • d’entretien relativement simple
  • faciles à récolter
  • productives offrant rapidement une récolte significative

Cette sélection devrait donc vous permettre d’avoir très vite des plantes médicinales à récolter pour ensuite pouvoir les conserver, les transformer et puis évidemment les utiliser, ce qui est l’objectif final quand on installe une pharmacie naturelle chez soi !

Une formation pour débuter sa pharmacie naturelle de plantes médicinales

Cette liste de plantes, qu’on a décidé de vous partager ici gratuitement, est celle que nous préconisons dans notre formation vidéo en ligne sur la pharmacie naturelle réalisée en collaboration avec Fabien.

Quel intérêt de suivre la formation si on sait déjà quelles plantes installer au jardin, nous direz-vous  ? Eh bien, avoir une plante sous la main ne vous dit pas pour autant comment l’utiliser au final. Certes, vous pouvez vous documenter et vous former par vous-même, mais vous pouvez aussi profiter des connaissances et expériences de Fabien pour vous accompagner dans votre apprentissage.

Dans cette formation vidéo, Fabien vous guide du début à la fin, dans toutes les étapes clés pour réussir votre pharmacie naturelle : choix de l’emplacement, avec les meilleures options d’agencement des plantes entre elles, préparation du sol, plantation, récolte, entretien, conservation, transformation.

Petits pots de baume apaisant fait maison à base de plantes médicinales du jardin.

Il est possible de réaliser de nombreux remèdes simples à base des plantes médicinales de son jardin, ici un baume apaisant pour application cutanée dont la recette est expliquée dans notre formation vidéo en ligne.

Vous apprendrez donc dans cette formation intitulée « Je plante ma première pharmacie naturelle » :

  • comment les cultiver efficacement en permaculture
  • comment les récolter, quelles parties récolter, quand récolter
  • comment on sèche les plantes pour qu’elles gardent un maximum de leurs principes actifs
  • comment on les conserve,
  • comment on les transforme
  • comment on les insère dans des recettes (tisanes, sirop, baume) qui vous permettront ensuite de les utiliser, à bon escient, dans votre quotidien, selon les petits maux que vous souhaitez régler.

Une liste de 11 plantes médicinales aussi appelées « simples », très intéressantes à avoir au jardin !

Voici la liste, par ordre alphabétique, des 11 plantes médicinales, ou « simples », comme on les appelait au Moyen Âge, sélectionnées par Fabien pour constituer votre première pharmacie naturelle.

1. La camomille romaine double : une plante multifonctions au parfum exceptionnel

Fleurs épaisses avec plusieurs rangées de pétales de la camomille romaine double, plante médicinale intéressante au jardin.

La camomille romaine double, avec ses fleurs épaisses à plusieurs rangées de pétales, fait partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin.

La première plante sélectionnée est la camomille romaine, son nom botanique est Anthémis nobilis ou Chamaemelum nobile. Fabien a choisi ici de mettre en avant la camomille romaine double plutôt que la simple pour son rendement de récolte intéressant.

La double a, en effet, des fleurs beaucoup plus épaisses, grosses, avec plus de pétales que la simple qu’on trouve dans la nature, mais, avec les mêmes principes actifs. Son parfum est assez exceptionnel et en plus, elle va jouer sur plusieurs tableaux.

Elle fait partie des toniques amers, donc elle va stimuler les sucs gastriques. Elle va donc jouer sur le système digestif. À un certain dosage relativement faible, elle va avoir un petit côté sédatif, apaisant du système nerveux donc là, on va jouer plutôt sur les notions de stress, de sommeil. Elle peut aussi résoudre quelques petits problèmes de migraines qui peuvent être très intéressants, dans des problématiques de type cycles menstruels.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • excellent couvre-sol à la propagation rapide
  • très jolie
  • mellifère
  • plante vivace

2. Le fenouil commun : aromatique, graphique et refuge pour la biodiversité

Parterre de fenouils communs ou fenouils aromatiques en fleur dans un jardin de plantes médicinales.

Le fenouil commun ou fenouil aromatique est une plante médicinale intéressante au jardin, haute, très graphique et attirant de nombreux auxiliaires.

La deuxième plante médicinale choisie, c’est le fenouil commun, Foeniculum vulgare qui est légèrement différent de celui qu’on cultive au potager

Le fenouil potager, qu’on cultive pour son bulbe, est en fait une sélection qui s’est faite à travers les siècles par les maraîchers, pour avoir un bulbe de plus en plus gros à consommer.

Ici, Fabien nous recommande plutôt la plante originelle, le fenouil commun sauvage en fait, qui lui, ne fait pas un bulbe intéressant pour la consommation, mais ce n’est pas grave, car ce qui nous intéresse ici, ce sont ses graines très aromatiques. On l’appelle d’ailleurs aussi parfois le fenouil aromatique.

Ses graines sont donc très très intéressantes, très connues déjà dans la cuisine, mais aussi pour faciliter un peu les problèmes de transit, la formation des gaz intestinaux qui peuvent occasionner des douleurs après un repas un peu riche. On va donc les utiliser pour leur aspect digestif.

Mais c’est aussi une plante qu’on dit galactogène, c’est-à-dire qu’elle va favoriser la production du lait donc c’est très intéressant pour une femme allaitante.

Et on voit aussi, à travers cette dernière propriété, que le fenouil touche un autre domaine qui est plus hormonal et donc, on peut aussi l’avoir sur des problèmes de spasmes : qu’il s’agisse de problèmes liés au cycle menstruel ou à la digestion.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • plante attractrice de biodiversité et refuge pour de nombreux insectes (les tiges fanées dures et creuses laissées sur place font d’excellents hôtels à insectes naturels)
  • mellifère
  • fleurs comestibles délicieuses, crues en salade, avec parfum anisé remarquable
  • feuilles comestibles crues comme cuites
  • plante très graphique, très haute
  • plante vivace

3. La guimauve : la douceur à tous les niveaux

Parterre de guimauves en fleur dans un jardin de plantes médicinales.

La liste de plantes médicinales sélectionnées par Fabien inclut la guimauve pour sa grande douceur et ses vertus apaisantes remarquables.

La troisième plante médicinale de cette liste, c’est la guimauve, Althea officinalis.

C’est une des plantes « chouchoutes » de Fabien pour sa grande douceur.

Les feuilles sont douces, vraiment tout est doux dans cette plante et d’ailleurs, c’est une grande adoucissante notamment dans tous les problèmes ORL, les maux de gorge, les problèmes de toux, etc. La guimauve apaise quand on a des toux, etc.

Tous ses mucilages aussi ont un double aspect, ils ont une appétence avec l’eau et ils vont favoriser un équilibrage du transit et le réguler quand il pose problème presque par un effet mécanique donc c’est une plante très intéressante.

On peut utiliser les fleurs, les feuilles jusqu’aux racines. D’ailleurs, la pâte de guimauve, autrefois, était faite avec la racine de guimauve avant que l’industrie chimique nous invente une guimauve tout à fait synthétique.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très belle plante assez haute
  • très mellifère
  • apprécie les sols frais humifères et tolère bien les sols lourds
  • peut s’installer dans des zones humides du jardin, bord de mare, de cours d’eau
  • plante vivace

4. L’hysope : un parfum de Méditerranée

Gros plan sur l’hysope à différents stades de développement, avec des fleurs, des tiges sèches, des tiges vertes dans un jardin de plantes médicinales.

L’hysope fait partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin, notamment pour ses vertus antitussive et expectorante en plus d’être une excellente condimentaire au parfum délicieux.

La quatrième plante médicinale recommandée par Fabien est l’hysope, Hyssopus officinalis.

L’hysope est une plante issue du bassin méditerranéen, de la famille des Lamiacées dans laquelle on retrouve, à peu près sur toutes les plantes de cette famille, des propriétés un peu similaires : des grandes toniques générales de l’organisme souvent anti-infectieuses, antivirales, antibactériennes.

L’hysope, elle, a un focus particulier sur la toux. C’est vraiment une grande antitussive. Elle est expectorante et permet de fluidifier tous ces flux, toutes ces mucosités lorsqu’on a une petite toux grasse qui persiste.

C’est aussi une bonne aromatique et très bonne plante condimentaire sur les viandes, les farces, etc. Fabien en fait même du sirop, juste pour le plaisir du goût tellement la saveur est intéressante.

Et d’ailleurs, dans votre mélange de tisane à visée thérapeutique, elle va apporter une saveur intéressante qui va aider à en boire plus régulièrement. Car si le mélange de votre tisane est désagréable à boire, on le délaisse, l’ajout d’hysope peut éviter cela !

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très belle plante au port ressemblant à celui de la lavande
  • très mellifère
  • peut s’installer dans des zones sèches du jardin, voire rocailleuses
  • plante vivace

5. La menthe poivrée : à la fois tonique et apaisante

Gros plan sur des sommités fleuries de menthe poivrée, faisant partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin.

La menthe poivrée est une plante médicinale intéressante au jardin pour sa saveur remarquable et son action à la fois tonique et apaisante.

Cinquième plante médicinale sélectionnée par Fabien, la menthe poivrée, Mentha X piperita.

On connait tous la saveur mentholée remarquable de cette plante qui est si appréciée en tisane par exemple. On peut aussi en faire d’excellents sirops mentholés très frais, très agréable.

Ce qui est très étonnant avec la menthe poivrée, c’est qu’elle est à la fois tonique et apaisante. Comment fait-elle ça ? Elle va stimuler l’organisme, elle va enlever les spasmes, etc., mais en même temps, sa saveur fait qu’elle est apaisante. Donc elle va agir sur les troubles digestifs, sur des problèmes d’haleine par exemple quand on a une digestion lente, elle va un peu résoudre ça, mais elle ne sera pas du tout antinomique dans une tisane pour le soir. Elle est à la fois antispasmodique, elle enlève tous ces spasmes, si vous avez un peu trop mangé, vous digérez lentement, pour dormir ce n’est pas facile, or comme elle apaise ce côté-là, elle va par la même occasion favoriser le sommeil.

De plus, on peut l’ajouter dans beaucoup de mélanges parce qu’elle a une saveur remarquable.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • se propage très facilement par ses rhizomes (parfois trop si elle se plait)
  • rustique
  • mellifère
  • peut s’installer dans des zones humides du jardin
  • plante vivace

6. La mélisse citronnelle : le chef d’orchestre du grand bain hormonal

Parterre de mélisse citronnelle dans un jardin de plantes médicinales.

La mélisse citronnelle fait partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin, notamment pour son action régulatrice du grand bain hormonal de l’organisme.

La sixième plante médicinale de cette liste, c’est la mélisse citronnelle, Melissa officinalis.

Une autre des plantes « chouchoutes » de Fabien pour sa saveur et son action multi-niveaux sur nos hormones.

C’est une plante très facile à cultiver, qui aura tendance à se répandre dans vos terrains si vous avez de la pelouse, elle se ressème, etc. Elle est aussi facile à tenir « assez propre » pour faciliter la cueillette, car elle est assez dense et prive rapidement de lumière les éventuelles graines d’adventices en dessous.

C’est sur la plante fraîche que sa saveur est la plus forte et agréable avec une bonne odeur citronnée, elle la perd un peu au séchage.

Elle est très intéressante de par son rôle de chef d’orchestre du grand bain hormonal de l’organisme puisqu’elle va vraiment réguler le rythme de l’hypophyse qui, elle, contrôle un peu, en cascade, toute la chaîne hormonale. Donc en fait, la mélisse citronnelle va jouer sur tous les tableaux parce qu’on a des hormones partout pour régler à peu près tout dans notre organisme. La mélisse va donc venir un peu apaiser tout ce bain hormonal et jouer à plusieurs niveaux.

Elle est également antispasmodique et apaisante. On peut donc la mettre sur un grand spectre de mélanges et d’usages.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • se propage très facilement par ses graines (parfois trop)
  • excellent couvre-sol, dense, concurrençant bien la plupart des adventices
  • très mellifère
  • attire de nombreux insectes pollinisateurs si on la laisse monter à floraison
  • plante vivace

7. Le romarin : idéal pour vous mettre en appétit et digérer

Gros plan sur le romarin, faisant partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin.

La liste de plantes médicinales sélectionnées par Fabien inclut le romarin qui est aussi incontournable en cuisine que dans votre pharmacie naturelle.

Fabien ne pouvait pas passer à côté de cette excellente aromatique très connue qu’est le romarin, Rosmarinus officinalis, car c’est aussi une de ses plantes chouchoutes aux super vertus médicinales !

Plante remarquable, de culture très facile, assez grande ****sur laquelle on peut rapidement obtenir une récolte.

Le romarin est un grand stimulant et réchauffant de l’organisme à utiliser plutôt le matin par exemple, parce qu’il va presque éveiller le corps.

Cette plante est réchauffante, c’est-à-dire qu’elle va stimuler même au niveau des glandes surrénales, donc dans la gestion du stress, elle est intéressante.

Elle est aussi une grande stimulante du foie et notamment de la sécrétion de la bile. Pour toutes les digestions des graisses, c’est le suc de la bile qui vient émulsifier l’eau et le gras et qui permet la digestion, or le romarin va justement stimuler particulièrement ce travail du foie.

C’est aussi un eupeptique qui va stimuler tout l’appétit, l’envie de manger, en plus d’aider à bien digérer.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très belle plante, grande aromatique incontournable en cuisine
  • mellifère avec floraison hivernale donc précieuse pour les insectes butineurs dont les abeilles, car peu de végétaux fleurissent en hiver.
  • plante répulsive par son odeur de nombreux indésirables au jardin (altises, piéride du chou, mouche de la carotte, moustiques…) et à la maison (en bouquet dans les placards pour éloigner mites et autres petits parasites).
  • les branches avec feuilles peuvent servir d’encens désinfectant
  • peut s’installer dans des zones sèches du jardin, mais tolère aussi d’autres types de terrains tant qu’ils sont assez bien drainés.
  • plante vivace

8. La sauge : la plante qui sauve

Parterre de sauge officinale dans un jardin de plantes médicinales.

La sauge officinale, plante majeure de la pharmacopée, fait naturellement partie de la liste de plantes médicinales intéressantes au jardin.

Huitième simple sélectionnée par Fabien dont les vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité, c’est la sauge officinale.

Son nom latin, Salvia officinalis, en dit long sur elle. Salvia vient de sauver, c’est la plante qui sauve, et donc une des plantes majeures de la pharmacopée, vraiment très intéressante.

Comme le romarin, elle est de culture très facile et un pied de sauge peut devenir vraiment très gros, permettant assez vite, même sur un seul pied, une belle récolte conséquente.

La sauge est un bon antiseptique et un antifongique. Elle va vous débarrasser des parasites dans votre corps, mais aussi en externe, c’est déjà très intéressant.

Elle est aussi très réchauffante et puissante donc là encore, comme pour le romarin, on la prendra plutôt en début de journée.

Et puis c’est ce qu’on appelle une « œstrogen-like ». Les œstrogènes sont des hormones qui assurent notamment le bon déroulement du cycle menstruel féminin. Or la sauge va vraiment réguler toutes les grandes oscillations œstrogéniques de l’organisme, c’est pourquoi elle peut jouer un grand rôle dans le cycle menstruel et la ménopauseet devenir vraiment dans certains cas, une plante qui sauve, tout à fait exceptionnelle de ce côté-là.

Cependant, cette propriété « œstrogen-like » rend l’utilisation de la sauge contre-indiquée, sans avis médical, chez les personnes ayant des antécédents de cancer hormono-dépendant (cancer du sein, de l’utérus, des ovaires…).

La sauge a aussi un côté antispasmodique, pour prévenir la formation des gaz, donc sur l’aspect digestif également.

C’est une plante puissante, très belle avec un arôme puissant également.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très belle plante, très aromatique
  • mellifère
  • les feuilles peuvent servir à faire des bâtons de fumigation
  • peut s’installer dans des zones sèches du jardin, mais tolère aussi d’autres types de terrains tant qu’ils sont assez bien drainés.
  • plante vivace

9. Le souci : une grande cicatrisante pour toute la famille

Gros plan sur des fleurs de souci ou calendula, faisant partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin.

Le souci ou calendula fait partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin, notamment pour sa très longue floraison aux vertus cicatrisantes.

La neuvième plante médicinale de la liste de Fabien est le souci qu’il préfère d’ailleurs appeler par son petit nom latin Calendula officinalis.

Calendula vient de calendaire, car c’est une plante qui fleurit très très longtemps, sur plusieurs mois. C’est l’une des raisons de sa présence dans cette sélection de Fabien, car en implantant des calendulas au jardin, vous allez avoir beaucoup de fleurs sur une longue période. Donc même si, dans votre quotidien, vous êtes très occupé. e, vous aurez suffisamment de journées de floraison pour réussir à faire votre cueillette.

C’est aussi une plante très facile à cultiver.

C’est la seule plante annuelle de cette liste, mais elle se ressème très facilement d’une année sur l’autre.

Sa vertu médicinale principale est d’être une grande cicatrisante à la fois en usage interne et en usage externe. On peut donc l’utiliser sur des problèmes d’irritation que ce soit au niveau estomac, de l’intestin, etc. sur lesquels elle va avoir ce côté cicatrisant, mais également, en externe, sur la peau, dans une macération huileuse pour une huile de massage par exemple. Elle a notamment l’avantage d’être très bien acceptée puisque même sur la peau de bébé, on peut utiliser une huile de calendula. Elle est donc vraiment salvatrice sur toute forme d’irritation.

Elle a aussi des petits côtés antispasmodiques qui peuvent rentrer dans d’autres problématiques par exemple digestives.

Elle aide également à une meilleure circulation sanguine par ses propriétés légèrement vasodilatatrices.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très belle floraison sur une très longue période.
  • mellifère
  • plante répulsive de certains indésirables du potager (nématodes, pucerons, taupins…)
  • activateur de compost
  • plante annuelle se ressemant facilement

10. Le thym : l’antiseptique de base

Parterre de thym commun dans un jardin de plantes médicinales.

La liste de plantes médicinales sélectionnées par Fabien inclut le thym commun qui est aussi incontournable en cuisine que dans votre pharmacie naturelle.

Dixième plante médicinale de la liste de Fabien et aromatique incontournable, très connue : le thym commun, Thymus vulgaris.

Indispensable dans votre pharmacie naturelle, le thym est l’antiseptique de base, qui a un spectre tellement large qu’on a peu de chance de se tromper en l’utilisant. Antiseptique signifie qu’il va autant aider à vous débarrasser de problèmes de bactéries que de virus, etc.

Avec le thym, c’est simple et efficace : quand on a une petite attaque virale ou une petite attaque de bactéries, on peut immédiatement utiliser le thym pour aider notre organisme à combattre ses attaques et rapidement aller mieux. Il est vraiment très reconnu pour ça.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • grande aromatique incontournable en cuisine
  • mellifère
  • plante répulsive de certains indésirables du potager (nématodes, limaces, aleurode…)
  • peut s’installer dans des zones sèches du jardin, voire rocailleuses
  • plante vivace

11. La verveine citronnelle : une saveur délicieuse

Gros plan sur la verveine citronnelle, faisant partie de la liste des plantes médicinales intéressantes au jardin.

Fabien a inclus la verveine citronnelle dans sa liste des plantes médicinales intéressantes au jardin, notamment pour sa saveur délicieuse à même d’améliorer le goût de tous vos remèdes faits maison sans en modifier la visée thérapeutique.

Dernière plante de cette sélection de simples, la verveine citronnelle, Aloysia citrodora.

Parmi toutes les plantes de cette liste, c’est, sans doute, celle qui a la moins grande puissance médicinale. Mais sa saveur est tellement remarquable, tellement agréable, qu’elle mérite bien sa place ici. Elle va, en effet, permettre de « faire passer la pilule » de certains mélanges de plantes désagréables à boire. Or si le mélange a mauvais goût, on le boit moins souvent, donc finalement on l’utilise moins et c’est dommage.

Avec l’ajout de verveine citronnelle dans ce genre de mélange, elle va apporter sa saveur délicieuse et donc améliorer le goût général du remède qu’on sera ainsi plus enclin à consommer régulièrement.

C’est aussi une plante ayant quand même des vertus digestives et apaisantes. Ce qui lui permet de pouvoir être ajoutée sans appréhension dans un mélange de plantes médicinales, car, de toute façon, elle ne viendra jamais contrarier la visée qu’on aura mise dans notre remède.

Intérêts en plus dans le design de permaculture :

  • très aromatique
  • se multiplie très facilement par bouture
  • plante assez haute, graphique avec un très beau port au jardin
  • plante vivace

Une liste idéale pour commencer votre jardin de simples !

Nous remercions Fabien pour cette super sélection de plantes médicinales efficaces et faciles. Nous espérons que cela va inciter un maximum d’entre vous à installer ces simples au jardin pour pouvoir ensuite profiter au quotidien de leurs bienfaits !

Et nous vous rappelons que pour tous celles et ceux qui souhaitent être accompagnés dans cette installation de leur pharmacie naturelle, pour savoir comment les cultiver, les récolter, les transformer, etc., nous proposons une formation dédiée réalisée en collaboration avec Fabien, cliquez ci-dessous 👇 pour en savoir plus.

Plantez votre première pharmacie naturelle et apprenez à vous en servir au quotidien avec Fabien !

Grâce à notre formation en ligne réalisée avec Fabien, professionnel des plantes médicinales, vous pourrez enfin préparer vous-même et utiliser sans appréhensions, vos remèdes naturels, de manière simple et économique, à partir des plantes que vous aurez cultivées vous-même dans votre jardin 😃 !

Nos prochaines vidéos gratuites sur les plantes médicinales

On vous retrouve prochainement pour deux autres vidéos réalisées avec Fabien sur ce thème passionnant des plantes médicinales.

Dans l’une de ces vidéos, Fabien vous partagera sa sélection de livres intéressants sur les plantes médicinales pour les débutants. Et il a de belles trouvailles à vous dévoiler.

Et dans l’autre de ces vidéos, Fabien passera en revue les différentes formes d’utilisation des plantes médicinales, car, au-delà de la traditionnelle tisane, il existe d’autres formes de remèdes très intéressants pour les petits bobos du quotidien qui sont aussi très faciles à réaliser, chez soi, dans sa cuisine, sans équipement sophistiqué…

À bientôt pour la suite…

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L’article Liste des 11 plantes médicinales faciles à cultiver dans son jardin en permaculture. est apparu en premier sur Permaculture Design.

Quels légumes d’hiver planter dans son potager ?

Le mois de septembre approche, et sonne pour de nombreux jardiniers la fin des semis.

Bien sûr, nos jardins sont encore très densément plantés et les récoltes y sont encore abondantes, mais nos végétaux sont sur le déclin.

L’oïdium commence à envahir nos courges, les pieds de tomates nous offrent leurs derniers fruits… les planches potagères vont progressivement être libérées et le jardinier commence à les préparer à passer l’hiver. Du paillage y est installé, des engrais verts parfois semés.

Pourtant, réussir à allonger la saison de culture est un enjeu fort pour le jardinier désireux de tendre vers une plus grande autonomie.

La productivité du potager sera fortement améliorée si celui-ci est planté de janvier à décembre ! Mais vouloir cultiver au cœur de l’hiver demande d’apprivoiser certaines techniques et d’être efficace dans la planification de son année jardinière.

Maîtriser la culture des légumes d’hiver au potager : des avantages certains

Avant toute chose, commençons par un brin de sémantique.

Quand j’évoque dans cet article les « légumes d’hiver », je ne parle pas des légumes semés au printemps ou en été, qui se développent à la belle saison et que vous récoltez dans le courant de l’hiver, comme cela serait le cas pour les poireaux, les choux de Bruxelles, les betteraves et carottes de conservation ou les panais.

Je parle ici des légumes que l’on sème en fin d’été ou en automne, qui vont passer l’hiver au jardin pour être récoltés au printemps suivant, durant la période dite « de soudure ».

Cette période, qui s’étend globalement de mars à juin, signe la fin des légumes de conservation que nous avons consommés tout l’hiver (courges, légumes racines…) alors que les légumes primeurs ne sont pas encore récoltés (pois, fèves, carottes primeurs…).

Photo de légume d’hiver : chou fleur ‘Tardif d’Angers’

Ce magnifique chou-fleur ‘Tardif d’Angers’ forme sa pomme au mois d’avril après avoir passé l’hiver au jardin ! © Joseph Chauffrey

Travailler à la culture des légumes d’hiver offre donc entre autres avantages de :

  • Produire durant la période de soudure
  • Profiter de la saison hivernale, généralement bien arrosée, pour y cultiver des légumes exigeants en eau (les choux par exemple), réduisant le besoin d’arrosage estival.
  • Optimiser la captation de l’énergie solaire.
  • Profiter d’une période où le potager est moins dense pour y cultiver des légumes de grande taille (choux, fèves…).
  • Ne pas laisser le sol à nu, la culture d’hiver remplissant alors les rôles de l’engrais vert : protection du sol, fragmentation de celui-ci, enrichissement grâce aux réseaux racinaires, rétention des éléments nutritifs…

Pour autant, la lecture de ces avantages ne doit pas vous faire sauter sur votre boite à graines au risque de faire face à de cuisants échecs.

L’automne/hiver au potager : une période délicate pour les cultures

Deux paramètres principaux viennent compliquer la réalisation de cultures arrivant à maturité durant la période de soudure : la faible luminosité et des températures parfois très basses.

La luminosité décroit fortement à partir du mois de septembre, pour passer sous la barre des 10 heures d’ensoleillement par jour dans le courant du mois d’octobre.

Cette diminution de la durée du jour limite le processus de photosynthèse et freine considérablement la croissance des légumes.

Eliot Coleman, un maraicher québécois spécialiste des cultures d’hiver (et dont je me suis beaucoup inspiré) estime que sous la barre des 10 heures d’ensoleillement par jour, les végétaux entrent dans une phase où ils végètent.

À Rouen, nous passons sous cette barre le 28 octobre pour franchir à nouveau le seuil le 15 février de l’année suivante (vous trouverez facilement sur Internet des tables vous délivrant les informations du calendrier solaire en fonction de votre lieu d’habitation).

Durant près de 4 mois, les légumes installés au jardin sont donc dans un état végétatif, attendant une luminosité accrue et des températures supérieures pour reprendre leur croissance.

Quant à la température, alors qu’elle est en moyenne de 18 °C au mois de juillet à Rouen, elle n’est que de 3,8 °C au mois de janvier.

Cette chute des températures freine la croissance végétale et limite la minéralisation de la matière organique, c’est-à-dire la possibilité pour vos cultures d’accéder à la fertilité dont ils ont besoin.

Potager en permaculture avec légumes d’hiver sous la neige.

Le potager d’hiver en dormance sous quelques centimètres de neige. © Joseph Chauffrey

Enfin, la période hivernale, froide, humide et aux jours raccourcis, n’encourage pas les activités de jardinage. En résulte une moindre surveillance des cultures, facilitant l’installation des maladies et ravageurs au potager.

Mais alors, comment prendre en compte ces limites et réussir l’implantation des légumes d’hiver ?

Réussir ses cultures d’hiver avec un bon calendrier de plantations au potager

Pour survivre à l’hiver et donner des récoltes au début du printemps suivant, les plants doivent avoir atteint une taille minimale avant que la durée quotidienne d’ensoleillement passe sous le seuil des 10 heures.

Repiquées trop tôt, les plantules se développent fortement avant les premiers froids et sont alors moins résistantes au gel (plus les plantes sont jeunes et mieux elles résistent au froid).

Trop tard, les graines ont à peine le temps de germer avant l’hiver et vous ne récolterez les légumes primeurs que tardivement au printemps suivant.

C’est donc généralement dès la fin d’été et le début d’automne que les semis doivent être planifiés.

Prenez par ailleurs en compte qu’à cette période de l’année, les températures baissent, allongeant fortement les temps de levée et de croissance de vos plantules.

Or, à cette période, le potager est souvent très densément planté !

Pour pallier cette difficulté, il vous faudra jouer sur plusieurs tableaux :

  • Réaliser vos semis de légumes d’hiver en contenants pour laisser le temps aux légumes d’été de terminer leur cycle avant que les légumes d’hiver soient repiqués.
  • Démarrer précocement les cultures d’été (ce qui implique des semis précoces au printemps) pour être en mesure de les récolter et de libérer des planches de culture avant la mi-septembre.
  • Pratiquer le chevauchement des cultures : la culture qui s’apprête à passer l’hiver au jardin est alors repiquée au milieu de la culture estivale qui termine son cycle de production.

C’est en jonglant avec ces trois techniques que vous réussirez à implanter à temps les légumes qui passeront l’hiver au potager pour vous offrir leurs productions au printemps suivant.

Attention toutefois, tous les légumes ne supportent pas les conditions hivernales. La palette des légumes que vous pouvez envisager de semer en fin d’été ou à l’automne est fortement réduite par rapport à la diversité de nos légumes d’été.

Vous souhaitez créer votre potager en permaculture, mais ne savez pas comment vous y prendre, ou par quoi commencer ?

Notre formation en ligne « Le Potager Perma+ », destinée aux débutants, vous apprend à installer et bien gérer votre potager en permaculture avec un calendrier de plantations/semis mois par mois qui vous accompagne pendant 3 ans. Laissez-vous guider pas à pas et récoltez vos légumes sains et savoureux.

Quelques exemples de légumes d’hiver au potager en permaculture

Les quelques éléments de temporalité que je vous livre ci-dessous sont naturellement adaptés à mon contexte climatique (Normandie).

Il vous faudra faire vos propres essais pour, année après année, déterminer les dates optimales de semis-repiquage de vos légumes d’hiver.

Les verdures asiatiques :

Verdures asiatiques sous serre en hiver

Les verdures asiatiques sont nombreuses sous la serre en hiver. © Joseph Chauffrey

Moutarde douce ‘Wild Garden’, moutarde japonaise ‘Mizuna Purple’, moutarde japonaise ‘Tokyo Bekana’, ‘Pak Choy nain’ (ou de Shanghai), moutarde japonaise ‘Yakina Savoy’…  les verdures asiatiques sont des légumes feuilles de la famille des brassicacées.

J’adore les consommer crues, en salade. Leur récolte s’effectue généralement feuille à feuille, au fur et à mesure des besoins, en coupant les tiges à leur base.

Elles peuvent être semées toute l’année, mais c’est en hiver qu’elles présentent le plus grand intérêt en raison de leur croissance rapide et de leur bonne résistance au froid.

Elles supporteront aisément des températures de -3 °C en extérieur, voire moins si elles sont protégées par un tunnel ou un simple voile de protection.

Pour la culture hivernale, je sème les verdures en plaques de culture de fin septembre à mi-octobre et je les repique 3 semaines plus tard (25 cm en tous sens).

Elles me régalent dès le mois de janvier si l’hiver est clément, mars ou avril en conditions plus rigoureuses.

Le chou cabus :

Ce chou, particulièrement résistant au froid, est très adapté pour passer l’hiver au jardin.

Semés en contenants en première quinzaine de septembre, repiqués au jardin 1 mois plus tard, les choux cabus n’auront pas le temps de se développer fortement avant l’hiver.

Ils ne devraient pas dépasser les 20 ou 30 cm au cœur de l’hiver.

Surveillez-les donc bien contre les limaces et les chenilles de noctuelles !

Puis sa croissance explose à partir du mois d’avril et les pommes se densifient alors rapidement. Je récolte chez moi les variétés ‘Précoce de Louviers’, ‘Cœur de bœuf des Vertus’ et ‘Acre d’or’ aux alentours de la fin mai.

Les carottes :

Ne vous privez pas des semis tardifs de carottes, permettant une récolte dès le début du mois de mai de l’année suivante.

Ainsi, je sème chaque année des carottes précoces (’Marché de Paris’, ‘Nantaise à forcer’…) en première quinzaine d’octobre.

Un semis plus précoce risque de donner des racines moins résistantes et susceptibles de monter en graines au printemps.

Cette temporalité permet par ailleurs d’éviter le vol de la mouche de la carotte, parfois problématique dans certaines régions.

Autres légumes d’hiver à essayer :

Plant de coriandre.

Un pied de coriandre au cœur de l’hiver. Il n’en sera que moins sujet à la montée en graines ! © Joseph Chauffrey

Au-delà de ces trois légumes, vous pouvez également tenter, entre les mois de septembre et de novembre, des semis de fève, betteraves, coriandre, blettes…

De quoi vous régaler au printemps prochain !

Joseph Chauffrey

Joseph Chaufrrey

Joseph Chauffrey

Joseph Chauffrey est un jardinier expérimentateur urbain qui a à cœur de partager ses observations et expérimentations avec le plus grand nombre. Formateur en permaculture et jardinage durable, auteur de différents livres et chroniqueur, il consacre son quotidien à la transmission de valeurs, techniques et outils qui nous permettront collectivement de construire une société plus résiliente. Pour en savoir plus, retrouvez-le sur son site.

Pour les personnes expérimentées qui veulent aller plus loin sur l’optimisation de l’espace dans leur potager

Le deuxième livre de Joseph Chauffrey, (voir références ci-dessous) s’adresse aux personnes ayant déjà une bonne expérience au potager.

Il se consacre à l’optimisation de l’espace tout au long de l’année pour produire plus sur moins d’espace.

Pour en savoir plus sur cet ouvrage édité chez Terre vivante, découvrez notre revue sur ce livre J’optimise l’espace de mon potager ici.

J'optimise l'espace au potager, vers une meilleure productivité et plus de diversité

J'optimise l'espace au potager

Vers une meilleure productivité et plus de diversité

Livre de Joseph Chauffrey

120 pages - édité par Édition Terre Vivante en 2020

Prix : environ 14 €

Références complètes (éditeur, ISBN…), descriptions et avis des lecteurs sur :
Amazon   |   Decitre   |    Unithèque   |    Fnac

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Que faire pour lutter contre la sécheresse dans votre jardin en permaculture ?

Les épisodes de sécheresse et de canicule 🥵 ☀️ sont de plus en plus fréquents et de plus en plus intenses. Or la plupart des jardins ne sont pas du tout préparés à les affronter !

Dans la plupart des cas, si rien n’a été anticipé, la terre se craquelle et devient un désert sans vie, beaucoup de végétaux, annuels comme vivaces, dépérissent à vue d’œil, ne supportant ni la chaleur ni le manque d’eau.

On voit ainsi les palettes végétales de nos jardins évoluer avec une sélection naturelle brutale de végétaux, souvent « exotiques », à même de s’adapter à ce type de phénomènes au détriment de ceux, plus traditionnels et donc plus courants dans nos jardins, qui ne sont pas armés pour y survivre seuls !

Toute la faune se met en mode survie : les insectes, les oiseaux, les petits mammifères cherchent désespérément des points d’eau pour boire et se rafraîchir. Malheureusement, beaucoup n’y parviennent pas du fait de la raréfaction des zones humides et des points d’eau.

Bref, quand arrivent sécheresses et canicules (qui vont souvent de paire), c’est l’hécatombe au jardin !

Petits pois desséchés au jardin sans eau

Culture de petits pois desséchée au jardin, n’ayant pas supportée la sécheresse et les fortes chaleurs.

Pourtant, des solutions existent en permaculture pour réduire l’impact de ces phénomènes climatiques extrêmes sur votre jardin et l’aider à passer ces moments difficiles !

Voyons ensemble les outils et astuces qui vont vous permettre d’augmenter la résilience de votre jardin en permaculture face à ces périodes compliquées.

Solutions pour économiser l’eau dans votre jardin en permaculture

C’est peut-être une évidence, mais il reste bon de rappeler qu’un jardin sans eau suffisante pour affronter les grosses chaleurs sera un jardin sans vie !

Il est donc primordial d’économiser l’eau, la stocker et la faire circuler au mieux, ce qui est faisable avec des gestes simples à mettre en place.

Le paillage, un élément aux multiples fonctions, essentiel dans votre jardin en permaculture

Le paillage ou mulch joue un rôle essentiel dans les économies d’eau au jardin en permaculture !

Paillage au jardin en permaculture à base d’un mélange de matières organiques.

Paillage au jardin potager en permaculture à base d’un mélange de matières organiques vertes (plutôt azotées) et brunes (plutôt carbonées) pour protéger le sol de la sécheresse.

Il existe un éventail assez large de matières avec lesquelles il peut être réalisé et selon les matières, les effets ne seront pas forcément les mêmes.

Consultez notre article dédié pour une revue complète sur les types de paillages et leurs nombreux rôles au jardin.

Pour aider votre jardin en permaculture à affronter sécheresse et canicule, nous vous conseillons la mise en place de paillages épais à base de matières organiques.

En respectant le principe de permaculture qui nous invite à favoriser la diversité, et en vous procurant les matières pour votre paillage sur votre terrain ou localement, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour aider votre jardin à supporter la sécheresse.

Mélangez grosso modo moitié-moitié des matières vertes (plutôt azotées) avec des matières sèches (plutôt carbonées) et vous obtiendrez un paillage diversifié, nourrissant et protecteur qui conviendra à la plupart des sols.

Un tel paillage aura pour effet de :

  • réduire la concurrence sur la ressource en eau dans le sol

    • En réduisant le nombre d’adventices (« mauvaises herbes ») avec lesquelles vos plantes cultivées devront partager l’eau.
  • limiter très significativement les évaporations d’eau en surface

    • Le paillage protège votre sol du soleil et du vent, principaux responsables des évaporations.

      Par conséquent, les besoins en arrosages sont réduits et donc vous économisez beaucoup d’eau ! Sous le paillage, le sol reste humide beaucoup plus longtemps !

  • empêcher la création d’une couche de battance imperméable en surface du sol

    • Cette couche de battance quand elle se crée sur sol à nu empêche les infiltrations d’eau dans le sol et accentue l’érosion des sols.
  • favoriser la vie du sol qui, par son travail incessant dans les premiers centimètres du sol, contribue à le rendre plus perméable et donc plus à même de stocker l’eau lors de vos arrosages ou d’épisodes pluvieux.

Sol vivant et humide sous le paillage du jardin en permaculture.

Au jardin en permaculture, sous le paillage, le sol reste humide, souple et plein de vie à commencer par les vers de terre.

👉 A noter que le paillage épais ne doit pas être installé sur un sol déjà très sec.

Si c’est le cas chez vous et qu’aucune pluie n’est prévue, procédez à un arrosage conséquent avant de le mettre en place !

 

Ne subissez plus les canicules et sécheresses dans les années à venir grâce au design de permaculture !

Notre formation en ligne, accessible 24 h/24 sans limite de temps, vous guidera pas à pas dans la méthodologie de design en permaculture pour vous permettre de concevoir facilement votre jardin résilient et autonome !

Favoriser la vie du sol

Nous venons de le voir, avoir un sol vivant permet à celui-ci d’être plus perméable et donc de mieux stocker l’eaudans le sol au lieu de la voir partir dans le caniveau !

Cette eau stockée sera ensuite disponible pour vos plantes au lieu de finir en station d’épuration !

C’est pourquoi il faut choyer les habitants du sol.

Vers de terre, cloportes, limaces (eh oui, elles ont aussi leur rôle au jardin !), champignons, insectes, bactéries et autres micro-organismes peuplent un sol vivant et y « travaillent » en permanence avec une efficacité sans égal !

Microfaune peuplant un sol vivant au jardin en permaculture.

Exemple de microfaune peuplant un sol vivant : ici un symphyle, genre de petit mille-pattes à gauche et un collembole à droite, tous deux contribuent à la transformation des matières organiques et à la porosité du sol. ©Marshal Hedin – CC BY 2.0

Pour que toute cette vie se développe, elle a besoin :

  • d’eau :
    • En mettant en place, de manière réfléchie, les diverses astuces et stratégies décrites dans cet article, vous fournirez à la vie du sol, l’eau dont elle a besoin !
  • de nourriture :
    • Au menu, une diversité de matières organiques à décomposer sera idéale pour satisfaire un maximum d’habitants !C’est pourquoi nous vous conseillions précédemment l’apport d’un paillage diversifié 😉.
  • d’air :
    • Les habitants du sol en charge de la transformation de la matière organique en éléments assimilables par les plantes et en humus sont des formes de vie très majoritairement aérobies, c’est-à-dire ceux qui ont besoin d’oxygène pour vivre.

👉 Si votre sol est tassé, compacté et manque d’air, vous pouvez l’aérer mécaniquement avec un outil indispensable en permaculture : la grelinette.

Vous favoriserez ainsi le retour de la vie dans votre sol 🤩 !

Créer une ombre protectrice ciblée

Installer des ombrières pour protéger vos plantes et votre sol des trop fortes chaleurs est aussi une stratégie intéressante à ajouter au panel des solutions de survie aux sécheresses et canicules !

Ces ombrières peuvent être :

  • mécaniques :
    • Installation temporaire de parasols, de draps tendus entre des piquets, de cagettes en bois tournées à l’envers

      Vous pouvez ainsi choisir de protéger ponctuellement et de façon assez flexible telle ou telle plante ou zone de culture aux heures les plus chaudes de la journée.

      Ce type de solution d’urgence est très simple et rapide à mettre en place !

  • végétales :
    • Vous pouvez choisir d’installer une structure de type pergola et y faire pousser des plantes grimpantes vivaces à feuilles caduques, résistantes à la sécheresse et qui en plus peuvent être comestibles : vignes, akébie à 5 feuilles, muroisier tayberry…

      Vous formerez ainsi un super parasol végétal à même d’ombrager une zone en particulier.

      👉 Cependant, ce type d’installation nécessite un minimum d’anticipation et de réflexion, car c’est une solution demandant du temps à la mise en place et ensuite pour que les grimpantes se développent suffisamment pour remplir leur rôle.

      De plus, c’est un élément fixe, son emplacement doit donc être réfléchi pour être pertinent sur le long terme.

      Pour ne pas vous tromper dans l’installation de votre structure ombrière, le mieux est de faire votre design global et de l’inclure dedans comme un élément à part entière !

      C’est un élément très intéressant pour profiter sur toute la saison chaude d’un espace couvert plus frais, mais qui laissera quand même passer un peu de lumière pour permettre à d’autres plantes de se développer en-dessous !

    Pergola en cours de création dans un jardin en permaculture.

    Pergola en cours de création sur une zone que l’on souhaite ombrager en période estivale sur la ferme familiale en permaculture Merci Nature.

  • Vous pouvez aussi faire croitre, à des endroits stratégiques, des herbacées hautes résistantes à la sécheresse et comestibles comme des topinambours, du sorgho ou du quinoa qui formeront en été de super ombrières pour les cultures placées à l’est de celles-ci.

👉 Olivier, stagiaire de nos formations en ligne, a par exemple mis cela en place le long de sa serre.

Cette ombrière végétale fournit, tout l’été, une ombre salvatrice pour ses cultures sous serre !

Ombrière végétale temporaire adossée à la serre d’un jardin en permaculture.

Dans le jardin en permaculture d’Olivier, une ombrière végétale temporaire est adossée à la serre pour éviter la surchauffe de celle-ci et elle aura, en plus, une fonction nourricière en produisant des récoltes 😉 !

Installer des brise-vents

Briser le vent pour éviter qu’il assèche encore plus votre sol est aussi essentiel pour économiser l’eau, sans compter que le vent est un important facteur limitant pour la pousse de la plupart des végétaux.

Après avoir déterminé où entrent les vents principaux sur votre terrain, par vos observations sur site et par vos recherches de données météo, vous serez à même de choisir les emplacements les plus judicieux pour installer vos brise-vents.

Là encore, nous vous conseillons fortement d’inclure cela dans une démarche globale de design pour un maximum d’efficacité !

Une fois ces emplacements déterminés, vous devrez choisir le type de brise-vent que vous installerez.

Il pourra s’agir de :

  • filets brise-vents du commerce :
    Filets brise-vent du commerce pour protéger rapidement et efficacement une pépinière de jeunes arbres.

    Filets brise-vent du commerce installés par Martin Crawford pour protéger rapidement et efficacement sa pépinière de jeunes arbres. Image extraite de sa formation en ligne « Créer et gérer une Forêt jardin avec Martin Crawford  »

    • Cette solution est sans doute la plus rapide à mettre en place pour protéger une zone et elle sera efficace si vous ne bâclez pas l’étape d’installation des poteaux qui soutiendront ce filet.

      Ils devront être solidement ancrés au sol pour résister à la pression du vent sur les filets.

      Cette solution sera cependant assez coûteuse, selon le type de filet choisi et la longueur nécessaire et n’aura guère d’autre fonction que briser le vent, mais elle reste une option non négligeable qui peut répondre à vos objectifs ou contextes particuliers.

  • haies mortes ou haie de Benjes :
    Branchages et bois coupés au jardin.

    Les branchages et bois coupés au jardin sont une ressource formidable qui peut notamment servir à réaliser une haie morte ou haie de Benjes.

    • Beaucoup plus économique que les filets du commerce mais nécessitant cette fois une grande quantité de matières organiques, bois et branchage notamment, une haie morte ou haie de Benjes peut faire un excellent brise-vent.

      Elle remplira en plus de nombreuses autres fonctions dans votre jardin en permaculture !
       

      Simple à réaliser, elle peut s’installer partout, être très esthétique et structurante dans votre jardin et surtout elle sera un véritable trésor pour la biodiversité, ce qui est, selon nous, un atout essentiel !

      Sa hauteur reste cependant plus faible qu’une haie vive
      , la zone de protection créée avec une haie morte sera donc plus réduite que celle d’une haie vive.

  • haies brise-vent constituées de végétaux capables de supporter le vent :
    Explications sur la perméabilité des haies brise-vents au jardin en permaculture.

    Pour être efficace et protéger une surface conséquente de terrain, une haie brise-vent doit être semi-perméable pour filtrer le vent et non le bloquer.

    • Une haie brise-vent se compose de plantations de végétaux de différentes strates pour être à même de « filtrer » le vent efficacement sans le bloquer entièrement.

      En effet, un vent qui rencontre un obstacle total va provoquer en retombant derrière des turbulences aux effets dévastateurs, à éviter à tout prix.


      C’est pourquoi, quand on plante une haie brise-vent, on ne cherche pas à bloquer le vent mais plutôt à
      le filtrer avec différentes hauteurs de végétaux et différentes densités de feuillages pour qu’il perde en force et ne soit plus gênant pour le reste du jardin.

      Cette solution nécessite généralement plusieurs années avant d’être efficace, le temps que tous les végétaux de la haie soient bien installés et suffisamment développés !

      Mais une fois en place, elle est redoutablement efficace, et ce pour très longtemps, sans compter qu’elle remplira aussi de nombreuses autres fonctions comme l’attraction de biodiversité en offrant le gîte et le couvert à une ribambelle d’insectes, oiseaux et autres animaux utiles au jardin en permaculture.

      Elle pourra aussi vous fournir des récoltes nourricières, de la biomasse pour le paillage, du bois d’œuvre, de chauffage…bref un véritable élément multifonctions comme on les aime tant en permaculture !

Stocker l’eau dans votre jardin en permaculture grâce à divers éléments utiles et interconnectés

Dans votre jardin en permaculture, la fonction de collecte/stockage de l’eau devra être remplie par plusieurs élémentspour ne plus vous retrouver avec un jardin sans eau et donc vous assurer plus de résilience.

Pour ce faire, ces éléments doivent être déployés et mis en synergie afin d’être les plus efficaces possibles avec le moins d’effort et d’énergie dépensée de votre part !

Il s’agit ici d’éléments qui devront donc être pensés sur le papier avant d’être réalisés sur le terrain.

Nous ne sommes pas là dans des solutions d’urgence pour contrer la canicule et la sécheresse une fois qu’elles sont déjà là mais bien sur des solutions portant leurs fruits à moyen et long terme.

L’urgence ici est à la réflexion sur leur installation future 😅 !

Les principaux éléments pouvant remplir cette fonction de collecte/stockage de l’eau :

  • Les récupérateurs d’eau de pluie et cuves de récupération
    • Toute surface dure, imperméable est une surface qui peut permettre de récupérer les ruissellements d’eaux pluviales. Les toitures sont l’exemple le plus parlant et là où les récupérateurs d’eau peuvent être mis en place très facilement au niveau des descentes de gouttière.

      Il est, en effet, beaucoup plus intéressant de récupérer l’eau de pluie et de la stocker en bac de récupération plutôt que de la laisser partir au tout à l’égout 😱 !!!

    Bac de récupération d’eau de pluie.

    Exemple de récupérateur d’eau de pluie connecté à une conduite d’écoulement de gouttière le long d’une maison.

    • Il existe une diversité de récupérateurs d’eau à la contenance et l’esthétique variable selon vos besoins.

      Pour vous aider à déterminer notamment la contenance dont vous auriez besoin pour optimiser votre collecte d’eau de pluie, découvrez notre document PDF gratuit en cliquant sur le lien ci-dessous.

      Celui-ci vous permettra de calculer assez précisément le volume d’eau de pluie récupérable chez vous, selon votre contexte !

  • Au niveau des synergies avec d’autres éléments, vous pourrez réfléchir aux endroits où vous souhaiteriez envoyer le trop-plein de vos cuves de récupération afin que la circulation de l’eau soit anticipée au mieux sur votre terrain et sans que vous ayez besoin de vous en soucier une fois votre système en place.

    Les trop-pleins peuvent, selon vos objectifs et besoins, envoyer les surplus d’eau dans d’autres systèmes de stockage que nous allons voir ci-dessous.

  • Les éléments favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol
    • Les noues d’infiltration sont des ouvrages de terrassement pouvant avoir des dimensions très diverses selon l’échelle des projets et qui ne sont pas forcément placées strictement sur des courbes de niveau.

      Les noues d’infiltration sont des dépressions (sorte de fossés) creusées dans le sol, de faible profondeur, aux abords en pente douce qui permettent le recueil et l’infiltration des eaux de pluie dans le sol, le tout à ciel ouvert.

      Elles sont donc inondables en période pluvieuse, mais au sec le reste du temps, permettant notamment des cheminements sur celles-ci.

      Les chemins et accès pouvant emprunter le tracé d’une noue d’infiltration peuvent être renforcés par des poses de pas japonais, des fonds drainants remplis de pierres ou de gravier ou encore avec des dalles alvéolées perméables pouvant être engazonnées ou remplies de graviers…

    • Les baissières ou « swale » en anglais sont des noues d’infiltration un peu particulières qui sont positionnées le long des courbes de niveau dans une pente afin de stopper la fuite des nutriments et de l’eau lors d’épisodes pluvieux.
      Schéma explicatif du principe de baissière en permaculture.

      Schéma explicatif du principe de baissière pour favoriser l’infiltration de l’eau et limiter l’érosion et la fuite des nutriments au jardin en permaculture.

      Elles sont constituées d’un creux, réalisé sur la courbe de niveau, et suivi d’une butte de terre en aval du creux de recueillement des eaux.

      Cette butte est généralement façonnée avec la terre retirée pour faire le creux de la baissière.

      Les baissières permettent ainsi de réduire l’érosion des sols en pente et de favoriser le stockage de l’eau de pluie dans le sol tout en permettant, sur leur butte, des plantations arbustives et vivaces très diverses aux multiples fonctions (brise-vent, nourricier, attraction de biodiversité…) !

      🎥 👉 Découvrez en vidéo un exemple de baissières.
    • Le « keyline design » est aussi très intéressant pour rendre à un sol compacté sa capacité d’absorption et stockage de l’eau.

      Il s’applique notamment aux surfaces assez grandes à régénérer, mais peut également être inspirant à plus petite échelle.Les « Keylines » sont des « lignes clés » que l’on détermine dans une pente et qui suivent les courbes de niveau pour maximiser l’infiltration naturelle de l’eau dans le sol dont l’écoulement se fait toujours à 90° de la courbe de niveau.

      Il s’agit d’un travail de design assez simple et dont l’efficacité sur l’infiltration de l’eau et le retour de la vie dans le sol est impressionnante !

      Ce travail consiste, notamment, sur les lignes clés, déterminées à l’avance sur le terrain, à ramener de l’air dans le sol assez profondément sans pour autant bouleverser les horizons du sol.

      Cela se fait généralement à l’aide d’un outil appelé une sous-soleuse Yeomans du nom de son génial inventeur Percival-Alfred Yeomans, pionnier dans la régénération des sols.

      Griffes d’une sous-soleuse Yéomans pour la régénération des sols compactés.

      Zoom sur les griffes d’une sous-soleuse Yéomans qui permettent d’aérer le sol en profondeur sans perturber les horizons et ainsi d’accélérer sa régénération et améliorer sa capacité d’absorption de l’eau.

      👉 Pour plus d’informations sur la méthodologie des Keylines, découvrez le livre de Mark Shepard « Agriculture de régénération » qui explique cette formidable technique.

  • La mare ou l’étang sont aussi des éléments de stockage de l’eau quasi indispensables dans un jardin en permaculture.

    Vraiment multifonctions et attracteur d’une biodiversité remarquable, une mare ou un étang doit être pensé en amont pour être pertinent dans ses différentes fonctions et favoriser les synergies avec les autres éléments de son jardin :

    • L’approvisionnement en eau de la mare peut se faire, en partie, via des trop-pleins de récupérateurs d’eau de pluie par exemple…
    • La gestion du trop-plein de la mare en elle-même peut alimenter des noues d’infiltration ou d’autres mares en contrebas…
    • La mare peut servir de régulateur thermique pour une zone de culture proche via la création de microclimats, de pièges à soleil…
    • Elle peut être un réservoir d’eau temporaire en période de sécheresse pour arroser des cultures sensiblesou tout simplement pour aider la faune sauvage à survivre à ce genre d’événements difficiles en leur offrant de quoi boire et se rafraîchir !

👉 Découvrez un exemple de mare dans le jardin en permaculture de Magalie, membre du bureau d’études PermacultureDesign.

Petite mare au jardin en permaculture

Petite mare au jardin en permaculture qui sert notamment de stockage d’eau et d’élément attracteur de biodiversité.

Optimiser l’efficacité des arrosages pour réduire les gaspillages

L’arrosage, notamment au potager, peut être une cause très importante de gaspillage de l’eau quand il est mal géré.

Arroser par aspersion en pleine sécheresse sous une chaleur torride est par exemple une aberration qui conduit à l’évaporation d’une quantité non négligeable d’eau avant même qu’elle ait pu profiter aux végétaux qu’on voulait arroser avec !

C’est pourquoi nous vous conseillons plutôt :

  • L’arrosage par installation d’un système de goutte-à-goutte. Ce type de microarrosage ciblé est très intéressant, notamment en période de sécheresse pour optimiser la ressource en eau et faire en sorte que la moindre goutte d’eau versée soit utile aux plantes qui la reçoivent !

    Il est important, dans ces cas-là, de choisir des systèmes de goutte-à-goutte de qualité pour qu’ils durent dans le temps et soient vraiment efficaces (éviter les goutteurs premier prix).

    Il existe de nombreux systèmes pouvant permettre notamment une automatisation de l’arrosage goutte-à-goutte avec des programmateurs permettant de définir les durées, fréquences et quantité d’arrosage selon vos besoins.

    Là encore, cela devra être bien réfléchi en amont pour établir un plan d’installation efficace dans vos supports de cultures.

    Mais les économies d’énergie par la suite seront très appréciables que ce soit en termes d’eau bien sûr, mais aussi en termes de temps et d’efforts physiques pour vous, en vous épargnant bon nombre d’allers-retours avec les arrosoirs chargés d’eau !

  • Les oyas sont également un système d’arrosage économe en eau.
    Les oyas ou ollas sont des poteries microporeuses enterrées permettant d’éviter les gaspillages d’eau.

    Les oyas ou ollas sont des poteries microporeuses enterrées permettant d’éviter les gaspillages d’eau et les arrosages trop fréquents grâce à une diffusion lente et régulière de l’eau dans le sol.

    Beaucoup plus ancien (déjà utilisés en Chine ancienne) et Low Tech que le goutte-à-goutte, le principe de l’oya est d’utiliser un contenant en terre cuite microporeuse que l’on enterre dans le sol et que l’on remplit périodiquement.

    Ce contenant appelé oya ou olla est surmonté d’un couvercle pour limiter l’évaporation de l’eau.

    Disposés judicieusement dans vos plates-bandes de cultures et autres massifs, les oyas forment un réservoir d’eau distribuant celle-ci lentement dans le sol.

    Les racines des végétaux n’ont plus qu’à se développer autour de l’oya pour profiter d’un arrosage lent et continu qui permettra un développement harmonieux des plantes.

🎥 Découvrez la vidéo de Stéphanie, membre des formations Permaculture Design, sur les oyas :

Installer des végétaux adaptés à la sécheresse et aux fortes températures

Autre solution intéressante pour aider nos jardins à survivre à des sécheresses et des canicules de plus en plus fréquentes : planter des végétaux adaptés à ce type de conditions climatiques extrêmes !

De nombreux végétaux sont, en effet, capables de résister à la sécheresse sur une période plus ou moins longue évidemment.

C’est le cas de nombreux végétaux de milieu méditerranéen par exemple comme le romarin, le thym, le poireau perpétuel, l’arbousier ou encore l’amandier…

Pour vous aider à trouver des plantes résistantes à la sécheresse et à faire vos choix de compositions végétales, n’hésitez pas à profiter gratuitement de notre base de données de plantes intitulée l’Atelier de PermacultureDesign.

Recherche accompagnée selon le critère de résistance à la sécheresse dans notre base de données plantes en ligne.

Exemple de recherche accompagnée selon le critère de résistance à la sécheresse dans notre base de données plantes en ligne, l’Atelier de PermacultureDesign.

Ce formidable outil en ligne vous permettra de faire une recherche accompagnée de plantes par spécificité liée aux éléments dans lesquelles vous trouverez le critère « Résiste à la sécheresse » (voir image ci-dessous).

Le moteur de recherche vous donnera alors accès à une liste assez importante de végétaux ayant cette capacité ! Vous devriez y trouver de quoi vous satisfaire !

🎥 Pour vous inspirer, découvrez également le témoignage de Romain, membre de nos formations en ligne, qui a utilisé cette stratégie pour planter des haies diversifiées sur son lieu :

La solution ultime pour un jardin résistant à la sécheresse : le design de permaculture

Comme vous avez pu le voir, il existe bien sûr des solutions d’urgence pour aider votre jardin à survivre à la sécheresse et aux canicules, mais cela reste des « pansements » temporaires qui ne permettent pas d’acquérir une vraie résilience sur le long terme.

Vous l’aurez compris, si vous souhaitez vraiment avoir un jardin en permaculture qui puisse supporter sécheresses et canicules quasiment sans interventions de votre part, la clé sera d’en faire le design de permaculture global !

Vue aérienne d’un jardin en permaculture.

Vue aérienne du jardin en permaculture conçu et réalisé par Stéphanie, membre de nos formations en ligne.

Comment ? En suivant pas à pas une méthodologie simple, accessible à tout le monde et incroyablement efficace.Cette méthodologie a été créée à la base par les fondateurs de la permaculture eux-mêmes et fait toute la force de la permaculture !

Alors, n’hésitez plus et passez à l’action en concevant enfin le jardin autonome et résilient dont vous rêvez 😉 en vous laissant guider pas à pas par notre formation en ligne à découvrir ci-dessous !

Ne subissez plus les canicules et sécheresses dans les années à venir grâce au design de permaculture !

Notre formation en ligne, accessible 24 h/24 sans limite de temps, vous guidera pas à pas dans la méthodologie de design en permaculture pour vous permettre de concevoir facilement votre jardin résilient et autonome !

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