La fête annuelle des Semences paysannes de Marcilly -le-Chatel est en train d’être organisée. c’est LA fête de la Maison de la Semence de la Loire. Elle se déroulera le samedi 21 mars à partir de 9 heures.
Et l’association ‘Fruits d’hier et vergers de demain propose le 7 mars un atelier greffe et découverte de l’arbre au tiers-lieu du Treuil à Champboeuf.
Au menu de ce billet : des rendez-vous passés et futurs (17 et 19 mai!) et la suite des aventures des jardinières.niers du Pilat
Cette année, la Maison de la Semence de la Loire n’a pas pu produire des plants pour l’habituelle distribution. Nous avons organisé un premier rendez-vous le 5 mai pour échanger nos propres plants au cœur de Sainté, dans un lieu artistique chaleureux, Les Limbes, 7 Rue Henri Barbusse, 42000 Saint-Étienne.
Un rendez-vous demain : l’inauguration de la Maison de la semence Forézienne, une antenne de la MS Loire, qui aura lieu le samedi 17 mai 2025 de 9h à 12h au bar associatif le Ricochet à Boën sur Lignon (en face de l’église). Organisé par Géraldine. Il y aura un échange de plantes, graines, pots, outils… apportez vos surplus et tout ce qui ne vous sert plus, pour faire le bonheur des autres, et bien d’autres activités.
Un autre rendez-vous à St Etienne : distribution, en particulier de graines de haricots ; c’est lundi 19 mai à 18 heures aux Limbes, 7 Rue Henri Barbusse, à Saint-Étienne.
L’équipe du Pilat a retrouvé son lieu de culture collective de Goély (Maclas) en mars, une friche après l’hiver mouillé. Une bonne âme a fauché les grandes herbes, puis JL a passé la galère avec le tracteur (la galère est un outil qui fend sans retourner la terre, si j’ai bien compris). En mars, le terrain était gorgé d’eau. On enfonçait avec les bottes sur 15 cm, par endroits.
la serre, fin d’hiver
la parcelle tondue, mars
avril, très très mouillé
Fin mars, nous avons semé les tomates et les laitues à Annonay. Elles ont été ensuite élevées par JC chez lui.
JC avait semé auparavant les poivrons, qui mettent plus de temps à germer.
Début mai, la terre de la parcelle était enfin un peu ressuyée. Nous avons pu y travailler. Trois variétés de laitues y ont été repiquées, dont 2 qui avaient été largement dévorées par les limaces l’an dernier. Cette année, on essaye un dispositif anti-limaces, une protection en forme de tronçon de bouteille autour du petit plant convoité, avec 2-3 grains de phosphate ferrique toxique pour les limaces (très faible toxicité pour oiseaux et mammifères – et encore plus faible si on en met aussi peu). La protection sera enlevée quand le plant aura un peu grandi. On en a mis seulement à certains plants, pour valider ou non la méthode.
labourage
repiquage
protection
Retournés hier le 15 mai à Goély, nous avons trouvé la plupart des laitues intactes, protection ou pas. Rien de bien probant donc. On laisse les tronçons de protection encore un peu, jusqu’à ce que les laitues soient moins tendres pour les limaces.
Nous avons trouvé nos chers oignons patate bien démarrés. Une après-midi bien chargée nous attendait : JL a installé le goutte à goutte dans la serre. C a semé les betteraves.
Le reste de l’équipe s’est occupé de l’installation des plants de tomate et de leurs tuteurs. JC a apporté les 180 pieds de tomate qu’il a fait pousser chez lui depuis le 24 mars ; ils étaient un peu enchevêtrés, dans 4 cageots. Nous avons planté 5 pieds de chacune des 12 variétés choisies pour Goély ; chaque godet était numéroté pour éviter les erreurs. Finalement, tout cela a pris 3 heures aux deux équipes de 2 personnes qui s’en sont chargées.
oignon patate
un des cageots de tomate
Installés les pieds de tomate !
La parcelle se peuple petit à petit ..
La fatigue se faisait un peu sentir quand nous avons bu un petit jus de pomme de fin de travaux. Promis, la prochaine fois, vendredi 23 mai 14h, ça sera moins rude.
Dix ans ont passé. Nous en sommes à la onzième édition de la Fête des semences paysannes de la MS Loire. Cette année, elle aura lieu le samedi 29 mars à partir de 9h, à Marcilly-le-Chatel comme d’habitude.
Le programme est très divers, comme d’habitude, avec un point fort : la conférence sur les plantes bio-indicatrices, par Delphine SUZOR qui nous initiera à la méthode de diagnostic des sols à partir des plantes qui poussent spontanément dans nos jardins.
Il y aura aussi : – de la restauration sur place (mais attention, il faut prendre son ticket assez tôt car nos visiteurs ont vite fait de liquider le stock de repas disponibles) – des ateliers tri de semences et taille de fruitiers – un débat, bien actuel, sur agricultures et labels, avec des professionnels – un marché de producteurs – des semenciers professionnels artisanaux et des pépiniéristes – des semenciers amateurs qui vous proposent quelques échantillons de leur production – un grand troc de semences le matin – une librairie et des stands associatifs, etc …
Il gèle encore bien fort ce matin du 31 décembre sur le Pilat, et l’eau immobilisée dans le bachat me fascine : la surface est solide – on a envie de casser ; et qu’y a-t-il dessous?
Tout ça pour vous annoncer l’ouverture prochaine de notre grainothèque à Pélussin. Il est en effet temps de songer aux graines à semer à partir de février-mars, une activité qui se mijote au coin du feu.
Quand ? samedi 18 janvier de 10h à midi. Où ? à l’espace des 4 Versants à Pélussin*.
Et vous aurez une 2e chance samedi 15 février aux mêmes heures.
à coté du gymnase
Vous pourrez demander 5 échantillons de variétés de légumes et aussi parrainer une variété en rendant des graines à la MS Loire si ça a bien marché. Les échantillons sont donnés, mais nous sommes contents si vous nous aidez un peu à couvrir nos frais et adhérant (à partir de 5€) ou en faisant un petit don.
Vous pouvez consulter le catalogue 2025. Il n’est pas prévu de distribution de graines à d’autres dates, sauf à la Fête annuelle des Semences Paysannes de Marcilly.
Merci de diffuser largement cette info autour de vous.
Je vous souhaite de pouvoir apprécier les quelques jours d’hiver magnifiques qui s’offrent à nous dans la région et de bien commencer l’année 2025.
Les fleurs de courgette : une couleur et une taille qui illuminent le jardin au milieu d’un océan de larges feuilles encore vertes, avant la canicule.Le rituel, à chaque visite à Goély : faire le tour du jardin pour voir ce qui a poussé, ce qu’il y a à faire. On prend des nouvelles des oignons, des salades et autres tomates. Ça nous met en appétit … pour désherber, tâche essentielle pour que nos plantations survivent à l’exubérance des adventices .
Dans la serre le 8 juillet
Le coin des poivrons, avant
Le coin des poivrons, après
C’est un plaisir toujours renouvelé de voir pousser ce qu’on a semé.
petit haricot …
… devient grand
L’oignon patate …
… récolté le 5 aout
Nous avons aussi suivi l’évolution du mildiou sur certaines de nos variétés de tomates, avec le calme qui s’impose quand on ne peut pas faire grand chose. ‘Glacier‘, tomate précoce appréciée, a été la plus touchée ; après des pulvérisations de prêle, nous avons laissé la nature se débrouiller, et le temps sec a enrayé la progression de la maladie. Nous récoltons maintenant quelques tomates saines. La récolte d’autres variétés de tomates commence lentement, cette année (froid et pluie).
Le mildiou putréfie les plants.
pulvérisation de décoction de prêle
Temps sec : stop mildiou
Notre petit collectif profite des initiatives des un(e)s et des autres : JC nous a retrouvé une souche de poivron d’Ampuis, que nous avions perdu. Ch nous a conservé des graines d’oignon rose de Jacques, une variété de gros oignon doux introuvable dans le commerce. Il faudra attendre l’an prochain pour vérifier que ces 2 sauvetages sont fiables. B nous a donné des graines d’une tomate qui est nouvelle pour nous, ‘Blush flammée‘. Elle a une très bonne saveur, je trouve. On l’adoptera dans notre catalogue, c’est sûr.
Un peu plus grosse qu’une tomate cerise, poussant en grappes abondantes, ferme et très fruitée, ‘Blush Flammée’ semble avoir beaucoup d’atouts.
Parmi les initiatives qui enrichissent le collectif, il y a celle de R qui cette année encore a parsemé le jardin d’herbes aromatiques et médicinales, qui sont aussi mellifères, par exemple : souci, monarde, une cive vivace, mélisse.
Nous avons aussi échangé de nombreux plants de laitue, d’herbes, … Et ça risque de se poursuivre tout l’été. La nature est prolifique et nos jardiniers-jardinières aussi.
Échange de pratiques aussi, comme : – fabriquer un petit godet dégradable pour des semis ou des repiquages, avec un demi rouleau en carton de papier hygiénique. – polliniser manuellement les cucurbitacées et d’abord, apprendre à différentier fleurs mâles et fleurs femelles. Cette année nous avons semé des courgettes pour montrer en pratique comment on pollinise les courges et courgettes à la place des insectes, ce qui permet d’éviter les hybridations involontaires. (voir aussi le diaporama complet sur le blog)
Fleur femelle à droite ou à gauche? Pour la solution, rendez-vous sur le diaporama cité ci-dessus.
Si vous souhaitez nous rejoindre à Goély-Maclas, dans le Pilat rhodanien, envoyez un petit message par ce blog. Et si vous avez le temps, écrivez un petit commentaire pour la rédactrice seule devant son clavier, snif.
Ces temps, on est plus souvent à la fenêtre à regarder la pluie tomber qu’au jardinà bêcher et planter.
C’est pourquoi, cette année, nous n’avons jusqu’ici été cultiver à Goely que deux fois : le 12 avril et le 10 mai. Nous avons réussi à passer entre les gouttes et le terrain n’était pas trop mouillé.
A la fin de ce petit résumé, vous trouverez – un rappel des fiches conseils pour produire de bonnes graines. – des infos sur les distributions de plants de tomates à St Etienne et à Marcilly-le-Chatel.
Le 12 avril, JL nous avait préparé deux belles planches. Cette année nous avons décidé d’adopter ce mode de culture. 1,20m de large, accessible des deux cotés, destiné à devenir des planches permanentes avec enrichissement régulier du sol. Nous y avons semé les bulbes d’oignon patate, notre oignon fétiche.
Quant à la serre, un joyeux fouillis nous y attendait. Nous avons tuteuré le chou quintal d’Auvergne ; c’est la première fois que nous cultivons un chou pour la graine, on va voir ce qu’on va voir. Sinon, nous avons repiqué en godets les 13 variétés de tomates que nous avions sélectionnées et semées en alvéoles à Annonay le 25 mars.
Le 10 mai, les oignons patate s’étaient bien développés ; ils n’ont certes pas manqué d’eau, mais n’ont pas pourri pour autant. Ils forment un joli alignement et ont été sarclés avec soin. Nous avons pu planter une partie des tomates, celles qui avaient suffisamment grandi, idem pour les laitues. Pendant qu’une partie de l’équipe faisait tout ça, quelques bras solides ont bêché à la grelinette le sol de la serre, pour y accueillir bientôt haricots, poivrons et courgettes.
En rang tout le monde
Oignons, tomates, poireaux. La planche s’anime.
Il faut au moins 20 pieds de laitue pour la diversité génétique des graines que nous récolterons.
Il a tellement plu que le sol de la serre est bien humide, malgré la bâche.
Pour celles et ceux qui veulent récolter leurs graines dans les ‘règles de l’art’, il y a un outil précieux : les fiches semences du blog de la MS Loire :https://msloirepilat.wordpress.com/fiches-semences/. On y trouve des conseils pour produire des graines de toutes les familles de légumes. A déguster sans modération !
Au bas de cette page de liens il y a, par exemple, une fiche ‘produire des graines de haricots’. C’est pas long à lire et ça évite qq erreurs. On y insiste sur : – prévoir des pieds réservés exclusivement à la production, où on ne cueille pas de haricots (prévoir rubalise ou laine rouge pour les marquer et s’en souvenir), sauf les frais en fin de saison (à partir de septembre, ça repart si les pieds ne sont pas morts de chaleur). – planter les différentes variétés à un certain éloignement, pour éviter qu’elles ne se croisent. – récolter des grains parfaitement secs, la cosse est cassante. – et je rajouterai mon dada, la protection la plus efficace que je connaisse pour protéger des limaces bien gourmandes et nombreuses en ce moment : semer les haricots en poquets et les entourer d’un tronçon de bouteille plastique (8-10 cm de haut). Par sécurité, j’y mets dans ce cercle protégé quelques grains d’anti-limaces à base de fer (non toxique pour les humains).
La Maison de la semence de la Loire distribuera des plants de tomates à St-Etienne les vendredi 24 mai et jeudi 30 mai, de 17 heures à 19 heures, à la Ferme au Quartier, 2 esplanade Bénevent (quartier technopole),… Et dans le Forez vendredi 24 mai de 17h30 à 19h30, à la Ferme Grenier aux Grandes Rases à Marcilly le Chatel.
Je nous souhaite bien du plaisir au jardin et un peu plus de soleil.
Réunion gourmande de bilan de notre activité en 2023
On ne fait pas que transpirer, à Goély, à notre terrain de culture collective. On travaille aussi avec notre tête, pour faire le bilan de l’année écoulée et prévoir la suite. D’ailleurs, qui croit encore que l’intellect fonctionne séparément du ‘corps’, et lui est supérieur ? Comme un des carburants de notre collectif est le bon boire et le bon manger, ça donne la scène ci-dessus.
Au programme de ce billet : – la Fête de Reventin (38), le 3 mars, où nous tenons un stand de la grainothèque du Pilat – Notre Fête des semences paysannes de Marcilly-le-Chatel (42), le 23 mars. – Un article sur la souveraineté alimentaire, contribution au débat sur les mutations nécessaires dans l’agriculture. – Et un autre article sur les plateformes numériques dans le domaine des semences.
Tout sur la Fête Nature de Reventin(38) du 3 mars de 9h à 13h : https://www.entrezcestouvert.fr/. On y sera avec nos échantillons de graines à donner, et retrouver nos amis dans une ambiance tout spécialement chaleureuse.
Veuillez trouvez ici le tract-programme de la 10ème fête des semences paysannes, organisée par la Maison de la Semence de la Loire, le samedi 23 mars 2024 à la ferme Grenier à Marcilly Le Châtel dans le Forez. Merci de nous aider à en faire connaître largement le programme, par mails et sur les réseaux sociaux !
Lisez ici l’article sur la souveraineté alimentaire, alibi de ceux qui ne veulent rien changer dans les pratiques (juteuses pour eux) de l’agroindustrie, et les alternatives en lien avec le respect des équilibres naturels.
Un autre article de fond sur le risque d’uberisation dans la production des semences. Le terme ‘uberisation’ est un peu accrocheur, mais l’article est intéressant. Extrait : “Éléments pour une critique des plateformes numériques appliquées aux semences. L’agriculture n’échappe pas à la numérisation du monde. L’intégration des objets connectés aux pratiques agricoles est un nouvel eldorado pour l’industrie.” La suite est là.
Les dernières green zebra, quelque mélisse, et une grosse moisson de ficelles-tuteursdevenues inutiles …
Une nature morte, ou presque morte, pour finir la saison 2023, et un peu de la douce mélancolie de l’automne vieillissant. Pourtant, dans ce billet, on ne mollit pas :
– voici lecatalogue 2024, qui rajeunit un peu notre stock de graines : c’est ici – on vous rappelle nos précieuses fiches semences pour choisir vos graines aussi en fonction de la facilité ou de la difficulté de produire des graines. – on vous informe sur les nouveaux OGM, où se joue en ce moment en Europe une étape déterminante, avec le risque de leur légalisation. Une vidéo grand public de 6mn15 : https://www.youtube.com/watch?v=bVaYBaiVmDM et l’appel de Poitiers 2023 : https://www.fnab.org/appel-de-poitiers-du-24-septembre-2023/
Ce billet parle de la fin de notre saison à Goély, et propose aussi un lien vers une étude sur l’avenir de l’eau du Rhône, étude produite par l’Agence de l’Eau Rhône, Méditerranée, Corse. L’annonce de notre réunion annuellede bilan : le samedi 2 Décembre
Et très bientôt notre catalogue 2024
Vendémiaire, brumaire … C’est le temps des récoltes, des tris de graines et du nettoyage en vue de l’année prochaine.
Finis les tris au soleil en t-shirt sous le peuplier noir. Là, c’est en blouson, dans la serre, avec un temps variable, mais la réjouissante et chaleureuse dynamique du groupe de bénévoles a gardé tout son charme, régulièrement clôturé par un de nos modestes mais irrésistibles petits gouters.
aubergine
courgette
poireau
C’est la première année que nous nous lançons dans la production de graines de chou. Celui dont nous avons hérité (Bruno Viennois) est l’imposant quintal d’Auvergne. Pour en savoir plus sur la renaissance de ce chou patrimonial : ici Nous en avons sélectionné et mis en jauge pour l’hiver à l’abri de la serre ; c’est une bisannuelle, qui ne produira ses fleurs et ses graines que l’année prochaine. Les choux restants n’ont pas été perdus pour tout le monde. Ils ont fini dans l’atelier choucroute auquel tous les bénévoles étaient conviés.
Dernière récoltes, inventaire et stockage des graines, rangement et nettoyage avant notre réunion annuelle de bilan du samedi 2 décembre. Si vous voulez plus d’infos sur cette réunion de bilan, écrivez-nous, je vous répondrai de suite.
le jardin entame son hivernage
Oignon de Tarassac, aubergine
fin des haricots? non des tomates
oh les belles vertes!
L’oignon de Tarassac, magnifique oignon doux du sud, – encore une bisannuelle, sera replanté au printemps pour produire ses graines . Les tomates finissent de murir à la maison, ou deviennent de la confiture de tomates vertes.
Bonne fin d’année! N’hésitez pas à nous questionner, nous féliciter…
Pour la sauce : dans un saladier, mettre l’équivalent de deux cuillères à soupe d’huile d’olive, pour une courgette, auquel on ajoute le jus d’un demi citron, ainsi que le jus d’une ou deux tomates bien mûres et une gousse d’ail grossièrement mixée. Ces proportions sont bien sûr à adapter en fonction du nombre et de la taille des courgettes que vous utilisez !
Au préalable, faire des lamelles de courgettes avec un économe. Mettre ces lamelles de courgettes à égoutter dans une passoire, saler et attendre si possible une petite heure afin qu’elles dégorgent. Si c’est une préparation de dernière minute, bien essorer les courgettes.
Mélanger les courgettes à la sauce , ajouter des copeaux de parmesan et des petits dés de tomates, feuilles de basilic, graines diverses … Le parmesan peut être remplacé par de la feta.
Servir très frais, c est le secret de la recette !
A gauche version courgette, à droite version poivron
500g de courgette un citron zeste et jus 150 g de sucre roux agar-agar
Je fais la recette en deux temps : la veille je coupe menu une courgette jeune, qui ne s’est pas encore lancée à faire ses graines, je n’épluche pas.
J’installe les petits morceaux dans un saladier, je prépare le zeste du citron, je mélange.
L’ensemble est recouvert du jus de citron, auquel je rajoute le sucre. Je recouvre d’un torchon et je laisse macérer l’ensemble une nuit. Le citron va développer ses arômes et la courgette dégorger son jus en s’enrichissant de parfum ambiant.
L’étape deux est la cuisson à feu doux jusqu’à ébullition que je maintiens petit bouillon environ 20minutes (à partir de l’ébullition). En même temps, je prépare l’agar agar dans une petite tasse : une cuillère à café rase de poudre dans 3 cuillères à soupe d’eau, il faut hydrater la poudre. Au terme de la cuisson, j’ajoute ce mélange sans cesser de remuer, la cuisson est prolongée de 5 mn en remuant.
Ensuite je verse à chaud dans des petits pots préalablement ébouillantés ; je ferme immédiatement pour avoir une pasteurisation.
L’agar agar fige bien les morceaux de courgette, mais pour un rendu moins ferme, on doit pouvoir s’en passer.
On peut recomposer la recette avec des poivrons, des ognons (quand les légumes abondent au jardin). On peut aussi diminuer le sucre…
L’ombelle du poireau a jusqu’à 2OOO petites fleurs !
Dans ce billet il est question de : – la fête des 20 ans du Réseau Semences Paysannes – de belles étrangères introduites dans le jardin de Goely – de nos cultures qui prospèrent
Du 22 au 24 septembre, le Réseau Semences Paysannes (RSP), dont la Maison de la Semence de la Loire est membre fête ses 20 ans (et toutes ses dents). Les infos ici.
A Goely, Ree a proposé de planter des aromatiques venant de son jardin ; elles offrent leur nectar, font fuir certains insectes, apportent de la diversité végétale. Ree a fait de superbes petits panneaux, qui mettent des repères dans notre fouillis végétal.
La dernière photo représente un pied d’amarante, que nous n’avons pas eu besoin de planter, elle prolifère dans les jardins comme une conquérante ! On consomme parfois les graines ; on sait moins qu’on peut aussi manger ses feuilles, cueillies avant la floraison, sinon elles deviennent coriaces comme toutes les feuilles de plantes sauvages. On peut les faire revenir doucement avec un peu d’ail haché et une tomate coupée en 4. Essayez! Mais seulement si vous êtes sûr.e de ne pas vous tromper de plante.
Nos cultures poussent bien, boostées par un sol que nous découvrons riche, et par les pluies de fin juin.
corno jaune encore vert
doux d’Espagne
2 variétés de chou
Les graines de ces poivrons nous ont été données par Annie, par ailleurs notre grande pourvoyeuse en graines de tomates, et nous en sommes très satisfaits. Ils poussent bien, même à 600m d’altitude hors serre. Les choux attendront l’an prochain pour fleurir, ce sont des bisannuelles, les 2 variétés devront être isolées pour ne pas être croisées involontairement. Comment savoir s’il faut isoler une variété de légume? Ce genre d’informations se trouve dans les fiches semences sur notre blog.
Au contraire des jardiniers habituels, nous nous réjouissons quand nos laitues montent en fleur puis en graine. Nous cultivons cette année 5 variétés de laitues ; on n’a pas besoin de les isoler car c’est une plante qui se croise peu entre variétés. La récolte des graines, toutes petites, se fera en septembre si tout va bien. On fait ça en groupe, sinon c’est bien fastidieux.
Enfin, nous avons attaché les têtes de poireau qui sinon se courberaient vers la terre ou se casseraient. La photo de droite montre notre cher oignon patate. Plus d’infos ici sur cet étrange mais aimable oignon qui copie sur les échalotes pour produire ces bulbes en étoile à partir d’un bulbe planté. Cette année, ils magnifiques à Goely.
Dernière nouvelle : cette nuit il a plus pas mal sur le Pilat, de quoi interrompre la sécheresse menaçante et donc le dépérissement des légumes de nos jardin. Pour combien de temps ? A Goely, nous n’avons pas ce souci. En effet, nous avons installé un goutte-à-goutte, indispensable pour un jardin où nous allons seulement une demi-journée tous les 10 jours.
Dans ce billet on parle – du nouveau sur les nouveaux OGM – d’un livre ‘Faire ses graines c’est facile’ – d’une jolie histoire d’infirmier – de la suite de nos aventures au jardin de Goely (Maclas), là où s’ébat le collectif de grainiers du Pilat
Nouveaux OGM : Dans la perspective d’un projet de loi sur la déréglementation des nouvelles techniques génomiques (NGT) attendu en juillet, le RSP s’est joint à une centaine d’organisations européennes pour tirer la sonnette d’alarme auprès des ministres européens de l’agriculture, C’est le début d’une lettre ouverte co-signée par le Réseau Semences Paysannes (RSP) pour dénoncer le risque de multiplier les brevets sur le vivant et donc favoriser encore plus les géants de l’industrie semencière.
‘Faire ses graines c’est facile’ : c’est le titre d’un livre qui vient de paraitre ; il est synthétique, adapté pour les personnes qui veulent se lancer dans la production de leurs propres graines. Il est rédigé par des membres d’une maison des semences, celle de Haute-Loire. Elle s’appelle Grainaille. On peut avoir un aperçu du contenu du livre.
Une jolie histoire, racontée par M. Giraud, à propos de la cèbe, ou oignon de Tarassac, un oignon traditionnel de l’Hérault presque disparu, et ‘ressuscité’ par Y. Giraud, et que nous cultivons, un excellent oignon doux : Guilhem cultive la cèbe de Tarassac et le barbu de Lacaune à 5 km de chez nous. Infirmier de métier, il rêvait de cultiver les terres de son grand père. Il pensait que c’était impossible d’en vivre. Découvrant la cebe, contre l’avis des siens, il s’est mis en bio et la diffuse localement par son travail infirmier à domicile. Les personnes âgées sont ravies de retrouver la cebe de leur enfance et en parlent aux plus jeunes. C’est un autre regard sur la bio qui s’éveille dans le pays, ça fait du bien.
Les aventures du collectif de Goely
Début juin, les poireaux du Cheylard dressent leur tête bientôt fleurie largement au dessus des herbes sauvages qui prospèrent joyeusement avec les pluies récentes.
Désherber, désherber, désherber, ce n’est pas notre nouvelle obsession maniaque, mais une nécessité pour ne pas être avalés dans un enfer vert. A proximité de nos cultures, nous coupons ou arrachons, à la main, avec divers outils, si possible avant que ce petit monde graine, sans illusion sur qui gagne à la fin.
à la sarcleuse
à la griffe à 2 dents
à la main
à la serfouette
au plantoir
la serre après désherbage
Dans ce terrain, nous rencontrons toutes sortes de bestioles, ici une larve de coccinelle – à ne pas confondre avec celle de doryphore, qui aime les plants de pomme de terre mais aussi les plants d’aubergine. Une autre bestiole a ravagé un carré de laitues en s’attaquant aux racines : le taupin ! Renseignement pris, il en existe au moins 4 espèces dans les potagers : le t. des moissons, le t. obscur, le t. cracheur, le t. sordide. Avec des noms pareils, on voit que la bestiole n’est pas aimée! Il parait que le ‘purin’ de fougère est un répulsif. En attendant, le mal est fait : les petites laitues ont été dévorées à la base. Il faut ressemer pour avoir suffisamment de plants pour faire de la graine.
larve de coccinelle
Nous saisissons chaque occasion de partager nos savoirs et savoir-faire. Par exemple, pourquoi n’avons-nous pas planté les différentes variétés de tomates les unes à coté des autres? Est-ce qu’une fleur de tomate peut être pollinisée par une autre fleur, éventuellement d’une autre variété ? Il est utile de savoir que les fleurs de tomates s’auto-pollinisent, en principe. L’organe femelle, le pistil est enfermé dans les pétales, en tête à tête avec le pollen mâle. Mais on constate, avec les étés très chauds, que le pistil peut pointer hors de la fleur, et ainsi être pollinisé par un insecte , s’il visite la fleur en question et qu’il transporte du pollen d’une autre fleur de tomate. C’est pourquoi il est recommandé de séparer les différentes variétés de tomates de quelques mètres au moins, pour avoir moins de risque d’un croisement involontaire.
Enfin, nous avons peint la bâche de la serre au Blanc de Meudon. Il s’agit d’un produit non toxique, à base de calcaire. Le but est de filtrer un peu les rayons du soleil et donc de faire baisser la température dans la serre.
Dans ce billet, je vous raconte les aventures des Goelistes d’avril à juin.
Nous avons mis un certain temps à nous adapter à notre nouveau lieu de culture. Il a fallu nous familiariser avec l’espace (500m² de terrain – on flottait un peu), l’exposition et l’ensoleillement, les prédateurs locaux, la nature du terrain … La première plantation a été les poireaux semés l’an dernier, que nous avions mis en jauge après notre déménagement de Chorée. Le poireau est une bisannuelle qui fleurit et graine la deuxième année, donc en 2023 pour celui-ci.
poireau résistant à la sécheresse, début avril
Nous avons semé cette année un poireau d’hiver, qui fleurira en 2024 ; il ne se croisera pas avec le premier, grâce au décalage d’une année, que nous avons planifié. Jardiner, c’est s’organiser et anticiper, encore plus quand on veut produire des graines, où il faut tenir compte des croisements possibles avec d’autres variétés. Chaque légume a ses spécificités, que vous pouvez retrouver sur ce blog, dans les fiches semences par groupes de légumes.
Nous avons ensuite fait beaucoup de plants , en petites alvéoles puis en godets, pour finir par une grosse demi-journée de plantation des variétés soigneusement étiquetées d’une sorte d’aubergine, de 2 de poivrons, 5 de laitues, 11 de tomates (photo ci dessus, avant la répartition sur le terrain). S’y ajoutent depuis : 2 types d’oignons, 2 de choux, une betterave et 4 haricots. En plus, les bénévoles bien impliqués, et qui peuvent, ont adopté des variétés dans leur propre jardin.
Si tout va bien, nous ferons cette année une grosse contribution pour rajeunir la grainothèque !
En juin :
Dans la serre, les pieds de tomates ont été attachées à des fils qui leur serviront de tuteur. A mesure qu’ils grandissent, on les fait tourner autour du fil.
Entre chaque pied de tomate, nous avons l’habitude de planter un pied de basilic. Les 2 sont censés s’entraider. Détails ici.
Nous sommes souvent une dizaine aux rendez-vous et de petites équipes se forment pour faire ci ou ça. On en profite pour s’apprendre mutuellement de nouveaux trucs, comme ici le maniement d’un outil pour trancher l’herbe au raz du sol : bien pratique quand les herbes sont basses et pas trop denses, et ça a l’avantage de laisser les racines dans le sol, ce qui aère la terre et permet une meilleure pénétration de l’eau. Il faut juste trouver la bonne inclinaison du manche pour que la lame soit bien à plat et l’effort réduit.
Hors de la serre, nous avons planté un tuteur à coté de chaque pied de tomate, et nous avons eu un petit cours sur une manière efficace et rapide d’attacher le plant à son tuteur ; c’est un geste qu’on répète tout le long de la saison, il vaut donc mieux que ça soit rapide. On fait un 8 horizontal avec le fil et on noue à la bonne longueur pour ne pas étrangler le plant qui va grossir, grossir. L’essayer c’est l’adopter !
Avec le temps humide et assez chaud, tout pousse vite. Chaque fois que nous arrivons, nous faisons le tour des cultures et admirons l’œuvre de la nature. Soyons humbles : si ça pousse, notre rôle est juste de créer des conditions favorables.
Nous avons relevé le pan sud de la bâche pour laisser circuler l’air, ce qui limitera la prolifération de pucerons sur les tomates à l’intérieur, en tout cas on l’espère …
Sur le navire de Goely sur lequel les bénévoles sont embarqués, on fait avec les moyens du bord.
Pour retendre la bâche, un seul escabeau? On retourne la poubelle qui nous sert au tri des graines de laitues. Un peu de stretching et c’est bon.
L’équipe est pleine de ressources, d’engagement, d’esprit coopératif. Un vrai bonheur !
Vos commentaires et questions sont les bienvenus .
Dans cet article, Laurence nous fait un retour d’expérience après 7 années de test de milpa en France métropolitaine. Suivez le guide et n’hésitez pas à vous inspirer de ses conseils ! Texte : Laurence Chassignol Les origines de la milpa Beaucoup d’entre vous ont sans doute entendu parler de la milpa, sans forcément savoir […]
Au menu du jour : – L’humain d’abord, reconnaissance du travail des bénévoles – repiquage des tomates – Le sol? Vivant! Vous avez dit vivant ? Conférence de M. A. SELOSSE à St Etienne
L’HUMAIN D’ABORD
Chaque semaine, je suis étonnée-contente de constater la générosité, le désir d’apprendre et l’enthousiasme des bénévoles, en tout cas de celles et ceux que je côtoie sur le Pilat. Des exemples récents : J prend nos activités en photo et rédige parfois pour le blog, elle refait les plants de culture inaboutis, JC élève nos tomates et laitues de la graine à la pleine terre, V partage ses compétences maraichères et héberge nos réunions d’organisation, JL nous installe le goutte à goutte sans quoi tout cramerait en été, M vient spécialement labourer ce qui restait en friche, et tant d’autres gestes utiles. En plus, sur le Pilat, 12 bénévoles cultivent dans leur propre jardin pour alimenter la grainothèque, souvent plusieurs variétés – cocorico pilatois! Et cette année, grâce aux rencontres à l’assemblée générale de janvier, 5 jardiniers expérimentés de la Loire, mais hors Pilat, cultivent aussi pour la grainothèque.
Point de départ du repiquage des tomates : la liste pour Goely ; ces tomates ont été semées un mois plus tôt et gardées dans la véranda de JC. P. prépare les étiquettes et les scotche sur chaque pot, pour éviter tout mélange de variétés. V et JC repiquent les tomates des alvéoles vers les godets, dans un bon terreau, pour qu’elles fassent des racines vigoureuses.
Variété par variété, à quatre personnes, on a moins de risque de se tromper. Jean Claude les range dans les caisses, et les arrose. La petite équipe les descend dans la serre, sous une double protection en cas de risque de gelée.
Textes et photos de Joss, mise en page MC Les photos de poivrons : p. tomate et p. précoce Ariane
Sans un sol vivant, pas de culture correcte.
Une conférence sur cet organisme fascinant qu’est le sol va avoir lieu à St Etienne, le 5 mai au Méliès St François, 8 rue de la Valse (attention, pas le Méliès près de la préfecture !) à 18h30. Le conférencier, Marc-André SELOSSE, est un grand spécialiste des micro-organismes du sol. Son livre, L’origine du monde,une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent, publié chez Actes Sud, est une somme en la matière. Un expert drôle, une chance à ne pas louper !
Vos commentaires sont les bienvenus : seule face à l’écran, qui me dit ni oui ni non, c’est une bouffée d’oxygène quand quelqu’un se manifeste, pas forcément pour caresser l’auteure dans le bon sens du poil … Vous pouvez aussi proposer vos textes et photos par mail : msloire.pilat@gmail.com
Au menu du jour : – L’humain d’abord, reconnaissance du travail des bénévoles – repiquage des tomates – Le sol? Vivant! Vous avez dit vivant ? Conférence de M. A. SELOSSE à St Etienne
L’HUMAIN D’ABORD
Chaque semaine, je suis étonnée-contente de constater la générosité, le désir d’apprendre et l’enthousiasme des bénévoles, en tout cas de celles et ceux que je côtoie sur le Pilat. Des exemples récents : J prend nos activités en photo et rédige parfois pour le blog, elle refait les plants de culture inaboutis, JC élève nos tomates et laitues de la graine à la pleine terre, V partage ses compétences maraichères et héberge nos réunions d’organisation, JL nous installe le goutte à goutte sans quoi tout cramerait en été, M vient spécialement labourer ce qui restait en friche, et tant d’autres gestes utiles. En plus, sur le Pilat, 12 bénévoles cultivent dans leur propre jardin pour alimenter la grainothèque, souvent plusieurs variétés – cocorico pilatois! Et cette année, grâce aux rencontres à l’assemblée générale de janvier, 5 jardiniers expérimentés de la Loire, mais hors Pilat, cultivent aussi pour la grainothèque.
Point de départ du repiquage des tomates : la liste pour Goely ; ces tomates ont été semées un mois plus tôt et gardées dans la véranda de JC. P. prépare les étiquettes et les scotche sur chaque pot, pour éviter tout mélange de variétés. V et JC repiquent les tomates des alvéoles vers les godets, dans un bon terreau, pour qu’elles fassent des racines vigoureuses.
Variété par variété, à quatre personnes, on a moins de risque de se tromper. Jean Claude les range dans les caisses, et les arrose. La petite équipe les descend dans la serre, sous une double protection en cas de risque de gelée.
Textes et photos de Joss, mise en page MC Les photos de poivrons : p. tomate et p. précoce Ariane
Sans un sol vivant, pas de culture correcte.
Une conférence sur cet organisme fascinant qu’est le sol va avoir lieu à St Etienne, le 5 mai au Méliès St François, 8 rue de la Valse (attention, pas le Méliès près de la préfecture !) à 18h30. Le conférencier, Marc-André SELOSSE, est un grand spécialiste des micro-organismes du sol. Son livre, L’origine du monde,une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent, publié chez Actes Sud, est une somme en la matière. Un expert drôle, une chance à ne pas louper !
Vos commentaires sont les bienvenus : seule face à l’écran, qui me dit ni oui ni non, c’est une bouffée d’oxygène quand quelqu’un se manifeste, pas forcément pour caresser l’auteure dans le bon sens du poil … Vous pouvez aussi proposer vos textes et photos par mail : msloire.pilat@gmail.com
Dans la nature, la mare est un biotope indispensable à de nombreuses formes de vie aussi bien végétale qu’animale.
La richesse de la biodiversité que l’on peut y observer est tout bonnement impressionnante et contribue à l’équilibre et la résilience de tout l’écosystème qui l’entoure.
Imiter la nature étant un des fondements de la permaculture, nous ne pouvons que vous inciter à créer une mare naturelle dans votre jardin en permaculture.
Mais, pour réussir l’aménagement de sa mare naturelle afin qu’elle favorise au maximum cette biodiversité et s’intègre bien dans votre jardin, il y a des étapes à respecter, des astuces à connaître, des pièges à éviter…
On vous dit tout dans cet article !
Bienfaits et fonctions de la mare naturelle dans un jardin en permaculture
Les bienfaits de la mare naturelle
Le bienfait principal est clairement l’attraction de biodiversité. Cela augmente la résilience générale de votre écosystème en lui permettant d’accueillir ou attirer au moins temporairement des animaux auxiliaires de premier ordre. On pense ici aux crapauds friands de limaces, escargots et autres chenilles, aux salamandres qui se nourrissent, elles aussi, de limaces, coléoptères, araignées et autres insectes divers, aux libellules qui mangent entre autres moustiques, mouches, taons… sans parler des oiseaux et chauves-souris qui ont besoin des mares pour se désaltérer ou se nourrir.
✅ Retrouvez plus de détails sur la faune d’une mare naturelle plus bas dans cet article !
La mare naturelle, élément essentiel pour la biodiversité dans un jardin en permaculture. Ici une libellule déprimée et une grenouille verte profite du soleil !
Une mare naturelle apporte aussi une dimension esthétique indéniable à votre jardin. La mare, reflétant le ciel, invite à la rêverie et l’émerveillement. Elle peut être très esthétique et graphique grâce aux superbes plantes aquatiquesou semi-aquatiques que l’on peut y installer : nénuphars, lotus, iris d’eau, massettes, papyrus… La palette végétale dans et autour d’une mare est tellement vaste que vous y trouverez forcement les plantes qui vous feront rêver.
✅ Retrouvez plus de détails sur la flore d’une mare naturelle plus bas dans cet article !
La mare naturelle est un formidable outil pédagogique. Observer sa mare naturelle au fil des saisons est très instructif sur votre environnement et la vie qui l’occupe. Cela peut faire naître de très nombreux questionnements qui induiront des observations, des recherches passionnantes, des découvertes surprenantes… Une mare naturelle nous offre tellement à apprendre sur la vie et sur la nature qu’il serait dommage de ne pas en profiter.
La mare naturelle nous reconnecte à la nature et la magie de la vie. Observer la vie d’une mare naturelle permet aussi de :
se reconnecter à la nature environnante, ré-enchanter son regard, s’émerveiller devant ce spectacle offert par la vie sauvage, de transmettre cette magie aux enfants.
Si cela peut notamment leur donner envie de sortir voir en vrai des tritons, des grenouilles ou des libellules dans votre mare plutôt que de faire de la tablette en intérieur, vous avouerez que c’est déjà un atout remarquable !
En termes de design de permaculture, la mare naturelle est un élément multifonctions qui peut permettre de nombreuses synergies avec d’autres éléments de votre jardin.
En voici quelques exemples :
Une réserve d’eau, un moyen de stockage où peuvent arriver divers trop-pleins de cuve à eau de pluie, baissières ou autres.
Un élément de régulation thermique, créateur de microclimats, intéressant par exemple à proximité d’un élément devant être préservé des gros écarts de température (serre, buttes de cultures…).
Un élément réfléchissant la lumière, intéressant par exemple pour augmenter l’efficacité d’une composition végétale en forme de « piège à soleil ».
Un élément fournisseur de biomasse pour le mulch via les plantes aquatiques.
Un lieu de reproduction pour de nombreuses espèces animales dont de précieux auxiliaires du jardin.
etc.
C’est pourquoi nous recommandons souvent cet élément dans nos aménagements en permaculture comme dans notre potager de vivaces sur 12 m2, le Potager 3P, qui contient en son centre, une petite mare naturelle aux multiples fonctions.
Exemple d’un Potager 3P mis en place par Audrey membre de cette formation en ligne : le petit bassin naturel au centre apporte ses bienfaits à l’ensemble de ce potager de vivaces.
Comment choisir l’emplacement de sa mare ?
Il peut arriver que le choix de l’emplacement soit une évidence pour vous. Il reste quand même important de toujours valider votre choix par un minimum de réflexion, ne serait-ce que pour vous assurer de :
pouvoir facilement l’approvisionner en eau
pouvoir gérer correctement son trop-plein
pouvoir creuser sans risques (attention à la présence de câbles, tuyaux ou autres canalisations dans le sol)
son temps d’ensoleillement minimum sur une journée qui doit être d’au moins 5 à 6 heures.
Quand le choix de l’emplacement est moins évident : Heureusement le design de permaculture met plusieurs outils à votre disposition pour définir l’emplacement qui vous conviendra le mieux selon vos objectifs et votre contexte. Parmi ces outils, on peut utiliser par exemple :
L’outil d’analyse en suivant un flux qui nous permet d’étudier les différentes circulations de l’eau sur son terrain et en déduire, par exemple, le ou les endroits où les eaux passent et convergent naturellement qui peuvent être des endroits intéressants pour une mare voire une succession de mares reliées par leur trop-plein.
L’outil d’analyse par option/décision qui va nous permettre par un jeu de choix possibles ou exclus d’arriver à l’emplacement idéal.
L’outil d’analyse par assemblage aléatoire pour envisager toutes les possibilités avec des résultats parfois très surprenants et extrêmement inventifs !
L’outil d’analyse des caractéristiques d’un élément pour lequel la décision sera induite par les caractéristiques, besoins et produits de l’élément analysé par rapport aux autres éléments en présence…
Réflexions générales sur l’emplacement d’une mare naturelle
Principe de permaculture
Collecter et stocker l’énergie
www.permaculturedesign.fr
En permaculture, on essayera, de préférence, de stocker l’eau au plus haut et au plus près de sa source (ou de son entrée sur le terrain), notamment pour pouvoir profiter de la gravité pour la distribuer ensuite au mieux sur son terrain.
Cependant, dans certains contextes, selon les entrées de l’eau sur votre terrain, selon les pentes et ruissellements des eaux de pluies, selon la profondeur du sol…l’emplacement idéal peut se trouver en bas d’une pente.
La mare pourra alors servir à recueillir justement les excédents de ruissellements qui n’auraient pas été infiltrés en amont par exemple via des noues (baissières) ou canaux divers… Elle peut aussi permettre de stocker l’eau afin qu’elle ne sorte pas trop vite de notre terrain et ne parte pas directement dans le caniveau.
Grande mare en bas d’une pente.
Quelle que soit votre situation, vous l’aurez compris, le choix de l’emplacement pour votre mare naturelle devra faire l’objet d’un minimum de design pour être judicieux par rapport à vos objectifs, contextes et autres éléments en présence.
Faire son design de permaculture : la clé de la réussite !
Si vous souhaitez être guidé(e) pas à pas pour faire vous-même la conception en permaculture de votre jardin, sans manquer aucune étape, notre formation vidéo en ligne « Invitez la permaculture dans votre jardin ! » est idéale. Cette formation existe depuis 10 ans et a déjà aidé plus de 6400 personnes à travers le monde à concrétiser leur projet en permaculture, alors pourquoi pas vous ?
Plus une mare sera grande, moins elle demandera d’entretien et inversement.
Sa taille dépendradonc :
de l’espace disponible chez vous
de vos objectifs pour celle-ci (production de biomasse, régulation thermique, piège à soleil…)
de votre budget pour sa création (location de matériel pour creuser, achats de géotextile, de bâche, de plantes…)
des approvisionnements en eau possible dans votre contexte (pluies, source, puits…)
de vos disponibilités pour son entretien
des éléments/systèmes auxquels elle sera associée (poulailler, élevage de canards, potager, haies…)
Une petite mare, même sur 1 ou 2 m2, c’est déjà bien, si on n’a pas trop de place chez soi.
Petit bassin naturel d’à peine 1 m2 dans le potager Perma+ de Selim et Jed, membres de nos formations en ligne. Même petit, ce bassin apporte de nombreux bienfaits au potager où il se trouve !
Ça impliquera un entretien régulier pour retirer une partie des végétaux présents afin qu’ils n’envahissent pas tout l’espace.
Ensuite, selon la façon dont cette petite mare est intégrée dans votre système, des réapprovisionnements en eau réguliers peuvent être nécessaires pour éviter l’assèchement total.
Principe de permaculture
Conserver l’énergie (Recycler, faire circuler et optimiser)
www.permaculturedesign.fr
Plusieurs petites mares interconnectées via leur trop-plein peuvent aussi être un choix très intéressant pour une bonne circulation de l’eau et la résilience de votre jardin en permaculture.
Vous favoriserez encore plus les effets de bordures, les microclimats positifs et la biodiversité…
Et si vous pouvez augmenter la surface de votre mare naturelle, vous gagnerez encore d’autres avantages et fonctions tout en diminuant les besoins en entretien.
Quelle forme pour ma mare naturelle ?
Une fois que vous avez déterminé l’emplacement et les dimensions de votre mare naturelle, vous pouvez vous pencher un instant sur sa forme générale.
Principe de permaculture
Utiliser et valoriser l’effet de bordure
www.permaculturedesign.fr
L’idée ici sera de favoriser autant que possible les effets de bordures en augmentant notamment la surface dédiée aux berges (interfaces entre le milieu aquatique et le milieu terrestre) tout en gardant à l’esprit de rester sur une forme qui sera quand même facile à réaliser concrètement pour vous.
Ainsi plutôt que de créer une mare parfaitement ronde, carrée ou rectangulaire, vous pourrez vous amuser à ajouter des courbes ou autres formes à ces modèles simples afin d’en augmenter la circonférence globale et donc les effets de bordures.
Comment creuser sa mare ?
Ça y est vous êtes prêt(e) à vous lancer dans la création de votre mare !
Vous avez piqueté ou marqué son emplacement sur votre terrain et vous devez maintenant creuser.
Pour les grandes mares naturelles ou les sols très argileux ou très caillouteux : La location d’une mini-pelle sera souvent préférable pour ne pas se tuer à la tâche.
Pour les mares de petites surfaces et hors sols difficiles : Pour les mares d’une surface disons inférieure à une vingtaine de m2, l’option pelle et pioche manuelle est tout à fait jouable, si vous être en bonne forme physique et pas trop pressé(e).
Dans tous les cas, la profondeur conseillée pour votre mare naturelle est d’au moins 80 cm et si possible 1 m.
Cette profondeur maximale ne devra pas être celle de l’ensemble de votre mare.
En effet, afin d’offrir un maximum de conditions de vie différentes à la biodiversité végétale et animale, votre mare devra proposer différentes profondeurs.
Vous choisirez donc un endroit de la mare où vous creuserez effectivement à cette profondeur de 80 cm à 1 m.
Cette zone profonde peut se trouver au centre ou non, à vous de voir.
Et pour le reste, vous pourrez créer :
des zones démarrant en pente douce depuis la berge
des zones en escaliers avec des paliers de diverses profondeurs (par exemple 20 cm, 40 cm, 60 cm…).
Mare naturelle creusée à la pelle et à la pioche, proposant une partie en pente douce et une partie en escalier avec des paliers tous les 20 cm jusqu’à une profondeur de 80 cm.
Vous allez ainsi pouvoir installer une diversité de végétaux aquatiques en fonction de ces différentes profondeurs. Certaines plantes aquatiques nécessitent en effet des profondeurs de plantations de 60 à 80 cm, c’est le cas par exemple des nénuphars et des lotus, tandis que d’autres ne s’épanouiront que dans 10 à 20 cm d’eau comme la menthe aquatique ou les iris d’eau…
✅ Retrouvez plus de détails sur les profondeurs de plantations des plantes aquatiques plus bas dans cet article !
👉 Si vous voulez apprendre à créer une mare naturelle en expérimentant concrètement tout le processus de la réflexion jusqu’à l’action, découvrez notre stage de 3 jours “Créer une mare naturelle”. Ce stage alterne théorie et pratique pour vous autonomiser dans la conception et l’installation de votre propre mare naturelle tout en vivant une expérience humaine inoubliable 😉.
Voici les 3 principaux moyens de réaliser l’étanchéité de sa mare naturelle.
Le choix de la méthode vous revient selon votre sensibilité, votre contexte, votre budget…
L’étanchéité à l’argile : Elle peut être très intéressante quand on a, de base, un sol argileux (plus de 60% d’argile). En revanche, dans les autres types de sol, choisir ce type d’étanchéité ne sera pas forcément pertinent car cela nécessitera de faire venir de l’argile de l’extérieur (bentonite) en grande quantité ce qui aura un coût financier et écologique non négligeable. Par ailleurs, la réussite d’une étanchéité à l’argile reste assez technique et n’est pas garantie sur le long terme. Il arrive souvent que de micro-fissures se créent au gré des changements de niveau d’eau de la mare, entrainant une perte d’étanchéité.
Ceci dit, même si on l’évoque peu, notez que laisser varier le niveau d’eau d’une mare naturelle à fond argileux au fil des saisons peut être une stratégie choisie. Cela créera des modifications du biotope qui attirera une biodiversité différente selon les saisons, notamment avec l’installation spontanée de végétations différentes en période sèche et en période humide et donc une faune différente aussi. Cette stratégie ne sera pas valable avec une mare naturelle rendue étanche par une bâche car lors des baisses de niveau d’eau, la végétation spontanée ne pourra pas coloniser les parties bâchées qui vont même s’abîmer au fil du temps sous l’effet du soleil et de la chaleur.
L’étanchéité avec géotextile et bâche ou liner : Elle est la plus simple à mettre en place quel que soit son sol tout en garantissant une bonne étanchéité sur le long terme. Elle consiste en la pose à même le sol creusé ou juste recouvert d’une fine couche de sable, d’un géotextile anti-poinçonnant qui est là pour éviter de trouer la bâche qui viendra ensuite le recouvrir. Ce géotextile peut être remplacé efficacement en recyclant de vieux tapis ou morceaux de moquette qui joueront le même rôle. Une bâche ou un liner, spécial bassin, vient ensuite recouvrir le géotextile et assurer l’étanchéité de la mare. Concernant les matières pour les bâches de bassin, nous recommandons d’utiliser de préférence des membranes E.P.D.M. qui est la matière synthétique la plus écologique à ce jour. Il s’agit d’un caoutchouc synthétique inerte, recyclable, très résistant et dont l’empreinte carbone, même si elle n’est pas nulle, est quand même 2 à 3 fois moins élevée que d’autres matières pour bâches comme le P.V.C. par exemple.
Petite mare naturelle dont l’étanchéité a été faite avec une membrane E.P.D.M. posée par-dessus un geotextile anti-poinçonnant.
Les bassins préformés : Pour les mares de petites dimensions, il existe aujourd’hui de nombreux modèles de bassins préformés étanches disponibles à l’achat. Ces bassins préformés se posent très simplement après avoir quand même creusé un trou pour les accueillir et de préférence faire arriver leur surface au niveau du sol pour faciliter l’accès à la faune. Si la surface d’eau est légèrement surélevée par rapport au niveau du sol, il sera bon de penser à installer des “rampes” type tuiles ou morceaux de bois pour permettre par exemple aux salamandres de rejoindre l’eau. Notre conseil pour ce type de bassin, sera de choisir des bassins préformés offrant plusieurs profondeurs, pour pouvoir, là encore installer une plus grande diversité de plantes aquatiques et créer des conditions variées pour la faune.
D’ailleurs, notre formation en ligne « Le potager perma+ » inclut un petit bassin préformé avec plusieurs niveaux dans une des zones dédiée à la biodiversité de ce potager-école, car même petit, un bassin naturel attirera de précieux auxiliaires qui aideront à réguler les populations d’insectes indésirables dans vos cultures potagères !
Le potager Perma+ inclut un petit bassin préformé récoltant le trop-plein des cuves de récupération d’eau de pluie.
La mise en eau de la mare naturelle
Quelle eau pour remplir ma mare naturelle ?
La question du remplissage de la mare est cruciale pour mettre en place un système durable au niveau de l’alimentation en eau.
Éviter à tout prix l’eau de ville pour remplir sa mare.
Tout d’abord car cela est très coûteux et vous fait perdre en résilience, notamment avec toutes les restrictions toujours plus importantes qui sont mises en place à la saison sèche.
De plus, l’eau de ville contient divers produits chimiques utilisés dans les traitements des eaux notamment pour la désinfection mais aussi pour la destruction des algues, des mousses, le contrôle du pH, etc.
Certains de ces produits ne sont pas propices au développement de la vie dans votre mare.
Si, parmi les principaux désinfectants, le chlore disparaît de l’eau après quelques jours d’ensoleillement sous l’action des UV, d’autres produits utilisés dans le traitement des eaux comme l’hypochlorite de sodium (composé à la base de l’eau de javel) sont nocifs à l’environnement, tuant indifféremment toutes les bactéries qu’elles soient bonnes ou mauvaises…
L’eau de ville peut aussi contenir des traces de pesticides, excès de nitrates et autres produits issus de l’agriculture intensive ou encore des métaux lourds comme le plomb issu des vieilles canalisations.
Remplir sa mare naturelle avec l’eau entrant naturellement sur votre terrain
La récupération d’eau de pluie : En permaculture, récupérer l’eau de pluie au niveau de toutes les structures où cela est possible (toitures, zones solides imperméables diverses) fait partie des stratégies clés dans un design pour capter et stocker l’énergie (ici l’eau) puis la faire circuler au mieux dans son système. La mise en eau d’une mare, quand elle reste de taille modeste, peut tout à fait se faire, par exemple, via le trop-plein de différentes cuves de récupération d’eau de pluie. Avec une bonne organisation et anticipation, les réserves complètes de vos cuves de récupération d’eau de pluie peuvent aussi être allouées au premier remplissage de votre mare naturelle.
Mise en eau d’une petite mare naturelle grâce à plusieurs éléments : des cuves de récupération des eaux de pluies et un puits.
L’excédent des eaux de ruissellements : Quand on a des pentes sur son terrain, on peut également concevoir des systèmes de baissières (noues d’infiltration) sur les courbes de niveaux pour faciliter l’infiltration de l’eau dans le sol. Cependant, lors des épisodes pluvieux importants, toute l’eau ne s’infiltrera pas suffisamment vite et ces baissières devront comporter des trop-pleins qui peuvent aller se déverser, au final, dans votre mare.
Les sources : Certains chanceux pourront avoir sur leur terrain des sources naturelles. Ces eaux de sources, si elles ne sont pas polluées (tests en laboratoire possible si vous avez un doute sérieux), peuvent remplir très efficacement des mares ou bassins naturels. En utilisant des systèmes de canaux ou de tuyaux, de façon temporaire (via mini écluses) ou permanente selon les cas, vous pourrez acheminer l’eau de la source jusqu’à votre mare ou bassin naturel. Dans le cas d’un approvisionnement conçu pour être permanent, encore plus que dans tous les autres, la réflexion sur la gestion du trop-plein de votre mare est primordiale pour ne pas créer de problèmes en aval de celle-ci.
Les puits et forages : Pour ceux qui possèdent déjà chez eux un puits ou un forage, celui-ci pourra aider au remplissage de la mare ou aux réapprovisionnements d’appoints. Cela peut nécessiter l’usage d’une pompe généralement électrique pour remonter l’eau du puits. En période de sécheresse, il peut arriver que les prélèvements d’eau dans votre puits ou votre forage soient interdits ou restreints. Si vous n’avez pas encore de puits ou de forage, sachez qu’une installation à usage domestique est possible si vous avez de l’eau à une profondeur raisonnable sur votre terrain. Cela nécessite cependant une déclaration administrative en mairie et des travaux au coût non négligeable.
Principe de permaculture
Une fonction est remplie par plusieurs éléments
www.permaculturedesign.fr
Quelle que soit la solution que vous aurez choisie pour remplir cette fonction d’approvisionnement en eau de la mare, gardez à l’esprit qu’il est préférable pour vous et la résilience de votre système que cette fonction soit remplie par plusieurs éléments de votre système !!!
Comment aménager les berges d’une mare ?
Comme le souligne Gilles Leblais dans son interview vidéo à retrouver plus bas dans cet article, l’aménagement des berges de votre mare naturelle est d’une importance cruciale pour l’installation durable de la biodiversité.
Créez une niche et quelqu’un viendra l’habiter !
— Bill Mollison
En effet, plus les berges offriront de niches écologiques, plus la vie s’installera rapidement et durablement dans et autour de votre mare !
Pour aménager les berges, vous pouvez donc :
installer des pierres et cailloux de différentes tailles récupérés, par exemple, lors de la création du trou
installer du bois mort et des vieilles souches
laisser des plantes sauvages s’installer naturellement aux abords
installer des plantes de berges choisies pour augmenter la diversité
Mare naturelle tout juste terminée dont les berges sont aménagées notamment avec de grosses pierres et de petits galets ronds récupérés chez un voisin qui voulait s’en débarrasser.
La biodiversité d’une mare naturelle
Quelles plantes installer dans une mare naturelle ?
Il y a aussi des strates pour les plantes aquatiques. Il y a notamment 2 grandes strates : hélophyte et hydrophyte
Les plantes de la strate hélophyte : Elles ont généralement les racines dans l’eau à faible profondeur ou dans des sols très humides, et la « tête » hors de l’eau. Certaines sont capables de supporter des fluctuations assez importantes de l’humidité du sol dans lequel elles poussent. Ce sont des plantes de berges, de marécages ou de marais.
Les plantes de la strate hydrophyte : Elles ne peuvent vivre qu’avec le système racinaire immergé dans l’eau. Elles peuvent être flottantes, totalement immergées ou avec des parties aériennes dépassant de la surface de l’eau mais elles restent dépendantes du biotope aquatique pour vivre.
Mare naturelle avec diverses plantes aquatiques plantées à diverses profondeurs : nénuphars, acores, massette, myriophylle crispée, véronique aquatique…
Conseils pour le choix et l’installation des plantes aquatiques dans votre mare naturelle :
Ne pas mettre trop de plantes pour éviter qu’elles n’envahissent trop vite toute la surface de la mare et créent un ombrage total mais aussi qu’elles ne laissent trop de matière organique dans la mare en se décomposant.
Quantité à évaluer au cas par cas selon la dimension de votre mare en vous renseignant auprès de vos fournisseurs pépiniéristes sur la rapidité d’expansion des plantes choisies et la quantité de biomasse produite. Pour un exemple concret, voir la vidéo de Gilles Leblais en fin d’article.
Dans une petite mare, les plantes aquatiques peuvent très vite envahir la totalité de la surface disponible !
Pensez dans votre sélection à choisir des plantes oxygénantes en vous assurant que les variétés que vous installerez ne font pas partie des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) déconseillées en Europe (voir lien vers la liste en fin d’article).
On peut en effet citer l’exemple des myriophylles qui sont d’excellentes plantes oxygénantes si on ne se trompe pas d’espèce ! En effet, le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) et le myriophylle hétérophylle (Myriophyllum heterophyllum) sont tous les deux classés parmi les EEE préoccupantes en Europe à éviter absolument dans votre mare naturelle. 👉 Si le premier est normalement aujourd’hui interdit à la vente, le second est encore parfois commercialisé sous l’appellation simplifiée de “Myriophylle”, d’où l’importance de toujours vérifier les noms botaniques des espèces que vous achetez et de ne pas faire de récupération sauvage dans la nature au risque de rapporter par erreur ces espèces envahissantes dans votre mare 😱!
Installez vos plantes aquatiques en panier immergé pour contenir l’expansion des systèmes racinaires. Vous vous faciliterez ainsi les tâches d’entretien de la mare et d’hivernage éventuel de certaines plantes aquatiques si besoin.
Choisissez des plantes des deux strates, poussant à différentes profondeurs pour offrir des habitats sur plusieurs niveaux.
Plantes aquatiques se côtoyant au bord d’une mare naturelle, dans une faible profondeur d’eau : iris versicolore, jonc arqué et véronique aquatique.
Exemples de plantes selon les profondeurs de plantations :
Entre 0 et 10 cm : Populage des marais (Caltha palustris), Véronique aquatique (Veronica beccabunga), Glycérie aquatique (Glyceria maxima), Menthe Aquatique (Mentha aquatica), Linaigrette (Eriophorum angustifolium), Iris d’Amérique (Iris versicolor)
Jusqu’à 20 cm : Pontédérie à feuilles en cœur (Pontederia cordata), Iris des marais (Iris pseudacorus), Hottonie des marais (Hottonia palustris), Plante bougie (Orontium aquaticum), Papyrus (Cyperus involucratus)
Entre 20 et 60 cm : Pesse d’eau (Hippuris vulgaris), Massette à feuilles larges (Typha latifolia), Roseau commun (Phragmites australis), Lotus sacré (Nelumbo Nucifera), Lotus jaune (Nelumbo Lutea)
Entre 60 cm et 1 m : Myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum), Vanille d’eau (Aponogeton distachyos), Vallisnérie spiralée (Vallisneria spiralis), Potamot luisant (Potamogeton lucens)
Magnifique fleur de nénuphar ayant attiré un syrphe ceinturé, excellent auxiliaire pollinisateur du jardin en permaculture !
Pour les nénuphars, fleurs stars des bassins et mares, il existe aujourd’hui des variétés pour toutes les profondeurs d’eau :
Entre 15 et 30 cm : Nénuphars nains (Nymphaea pygmaea) de diverses variétés et couleurs comme Nymphaea pygmaea ‘Alba’, Nymphaea pygmaea ‘Helvola’, Nymphaea pygmaea ‘Rubra’…
Entre 30 et 50 cm : Nénuphars rustiques comme Nymphaea ‘Fire Crest’, Nymphaea ‘Mayla’, Nymphaea ‘Colorado‘ ou encore Nymphaea ‘Albatros‘
Entre 50 cm et 1 m : Nénuphars rustiques comme Nymphaea ‘Alba’, Nymphaea ‘Black Princess’, Nymphaea ‘Attraction’
Les animaux dans et autour de la mare naturelle
Voici seulement un aperçu de la biodiversité animale que vous pourrez observer dans ou autour de votre mare naturelle.
Les batraciens : Capables de vivre dans et hors de l’eau, les batraciens sont des animaux fascinants dont certains ont même des super-pouvoirs remarquables comme survivre à la congélation ! Ils sont aussi de bons auxiliaires du jardin qu’on apprécie voir arriver chez soi.
On distingue deux grands ordres chez les batraciens :
Les anoures qui n’ont pas de queue et regroupent les grenouilles, les crapauds et les rainettes.
Les urodèles qui ont une queue et regroupent les tritons et les salamandres.
Exemples de batraciens attirés par une mare naturelle : crapaud commun (en haut à gauche), grenouille verte (en haut à droite), triton alpestre (en bas à gauche) et salamandre tachetée (en bas à droite).
Les oiseaux sédentaires ou de passage : Pour les oiseaux, la mare est tout à la fois un lieu de baignade, un bar où se désaltérer et un garde-manger où chasser une belle diversité de nourriture dans l’eau comme au-dessus.
Tous les passereaux du jardin et des environs : rouge-gorges, mésanges, moineaux, chardonnerets, merles, roitelets, hirondelles…
Autres exemples d’oiseaux visitant la mare : héron cendré, geai des chênes, tourterelle, épervier, buse…
Les mammifères : Ils sont aussi très nombreux à s’aventurer aux abords de la mare pour se baigner, se désaltérer ou se nourrir. On ne pourra pas tous les citer, mais en voici quelques exemples :
Les reptiles : Ces animaux au sang froid fréquentent eux aussi les mares naturelles, pour y chasser ou simplement réguler leur température en se rafraîchissant dans l’eau ou aux abords…
lézards, dont le magnifique lézard vert, couleuvres avec la plus commune, la couleuvre à collier, qui chasse régulièrement les grenouilles dans la mare en été.
Les invertébrés : Nous ne citerons ici que quelques exemples parmi les plus connus ou les plus facilement observables car la diversité d’invertébrés vivant de façon permanente ou temporaire dans et autour d’une mare naturelle est tout simplement hallucinante.
Les libellules : il en existe une formidable diversité de grandes et petites libellules. Leurs couleurs adultes, souvent chatoyantes et vives, sont un émerveillement pour les yeux. Elles commencent leur vie dans l’eau sous forme de larves avant de sortir se transformer en ces magnifiques insectes volants qui méritent bien leur nom anglais de « Dragonfly ».
Les libellules sont de petits « dragons volants » vraiment magnifiques à observer avec une grande diversité de coloris : ici un Sympétrum rouge sang.
Les punaises aquatiques : il y en a qui ne vivent qu’en surface, elles sont souvent appelées “araignées d’eau” et d’autres qui vont aussi sous l’eau et y chassent même en profondeur.
Les diptères : parmi la multitude d’insectes volants que rassemble cet ordre des diptères (à deux ailes), certains ont besoin d’eau pour simplement boire et d’autres ont besoin du milieu aquatique pour se reproduire, leur larve passant par exemple une partie de sa vie dans l’eau. C’est le cas, notamment, de l’éristale gluante (sorte de mouche rayée un peu comme une guêpe) qui est un excellent insecte pollinisateur du jardin à l’âge adulte. Vous pensez sûrement ici aussi aux moustiques qui sont un vrai fléau dans plusieurs régions. Effectivement les larves de moustiques vivent dans l’eau mais dans une mare naturelle leurs prédateurs naturels permettent une régulation au top ! (Voir paragraphe suivant !)
Les coléoptères aquatiques : étant capables de voler et donc de se déplacer d’une mare à une autre, ils sont souvent parmi les premiers à coloniser une mare naturelle. Les plus courants sont les dytiques, bien visibles avec leur corps bombé typique des coléoptères et leur nage saccadée rigolote.
Les gastéropodes aquatiques : ressemblant à des escargots capables de vivre sous l’eau, ils sont assez faciles à observer.
Beaucoup d’autres invertébrés peuplent une mare naturelle : araignées aquatiques, crustacées, éponges, nématodes, organismes monocellulaires…
Pour plus de détails et d’illustrations sur toute cette biodiversité liée aux mares naturelles, nous vous conseillons le livre de Gilles Leblais « La vie secrète de ma mare » à retrouver plus bas dans cet article.
Moustiques et mare naturelle
On ne pouvait pas parler de mare naturelle sans évoquer le problème des moustiques tant la question revient sur le tapis de façon systématique.
Il est vrai que les pullulations de moustiques sont un fléau au niveau sanitaire dans de plus en plus de régions du globe.
Aussi avoir une mare chez soi fait bien souvent craindre une recrudescence des populations de moustiques.
Cependant, avec une mare naturelle, il y a suffisamment de prédation naturelle pour que les moustiques ne soient pas un problème !
Voici un petit aperçu des prédateurs les plus efficaces pour réguler les populations de moustiques :
Les gros mangeurs de larves de moustiques :
Les tritons
Les larves de libellules
Les larves de dytiques
Les grenouilles
Les gros mangeurs de moustiques adultes :
Les crapauds
Les grenouilles
Les libellules adultes
Les chauves-souris
Les oiseaux insectivores (soit la plupart des passereaux du jardin !)
Or ces habitants ou visiteurs très communs des milieux aquatiquess’installent généralement assez rapidement dans une mare naturelle bien conçue.
Donc rassurez-vous, votre mare naturelle ne sera pas une pouponnière à moustiques, mais un véritable aimant à biodiversité qui fera beaucoup de bien à votre jardin.
Et si vraiment vous craignez les moustiques, vous pouvez, en attendant que cette biodiversité arrive, installer de petits systèmes de bulleurs ou fontaines alimentés par panneau solaire pour créer du mouvement à la surface de l’eau.
Ce mouvement de surface limitera grandement les pontes car les femelles moustiques recherchent des eaux stagnantes et calmes !
La mare naturelle en vidéo avec Gilles Leblais, naturaliste
Retrouvez notre vidéo sur la mare naturelle avec les conseils du naturaliste Gilles Leblais pour créer correctement la vôtre.
Découvrez les réalisations de ce professionnel passionné, spécialiste des mares naturelles, dans son jardin Paradis près de Velanne en Isère et de magnifiques images de la biodiversité qu’il a pu y observer.
Livres sur la mare naturelle
Si vous souhaitez créer votre propre mare naturelle, cet article devrait déjà vous avoir donné de bonnes bases pour entamer votre réflexion.
Pour aller plus loin, approfondir vos connaissances et valider vos choix, nous vous conseillons vraiment les deux livres de Gilles Leblais ci-dessous :
Le livre J’aménage ma mare naturelle
Cet ouvrage vous donne les clés et tous les détails d’une installation réussie.
Cet ouvrage vous livrera les secrets de la biodiversité associée à la mare naturelle et des astuces pour un maximum d’observations merveilleuses en toute discrétion !
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